Mémoires sur la vie de Jean Racine
Édition originale des Mémoires de la vie de Jean Racine avec plusieurs de ses pièces qui paraissent pour la première fois, reliée à l’époque aux armes de Madame de Pompadour.
2 volumes in-12, veau blond, triple filet doré, armoiries dorées au centre, dos lisse orné, pièces de titre et de tomaison vertes, roulette intérieure, tranches rouges. Reliure de l’époque.
146 x 85 mm.
Racine, Louis. Mémoires sur la vie de Jean Racine.
Lausanne et Genève, Marc-Michel Bousquet & Compagnie, 1747.
Édition originale.
Tchemerzine, V, 367 ; Guibert, 295-298 ; Brunet, 30 611 ; Cioranescu, 51959 ; Barbier, III, 256.
« Le premier tome contient les Mémoires sur la vie de Jean Racine écrits par son fils Louis Racine, ainsi que diverses pièces attribuées à Racine ; le second contient la Correspondance, qui était alors inédite » (Tchemerzine).
Le but était, pour les deux fils du grand poète dramatique, Jean-Baptiste et Louis, de couper court aux médisances et lieux communs véhiculés jusque-là par les éditeurs des Œuvres de Jean Racine. C’est finalement Louis qui s’attela à cette tâche et fit paraître, en Suisse, ses Mémoires sur la vie de Jean Racine. L’édition compte deux volumes : le premier contient les Mémoires et diverses pièces de Racine, paginées séparément, parmi lesquelles certaines sont inédites ; le second tome est titré Recueil de lettres de Jean Racine, dont la plupart n’avaient jamais été publiées.
Ces Mémoires donnent les détails les plus intéressants et souvent inédits sur l’origine de la famille de Racine, sur ses débuts, son amitié avec Boileau, sur ses relations avec Molière et Corneille et surtout sur l’accueil à ses différentes pièces.
Après ces Mémoires figure le Discours prononcé à l’Académie Française pour la réception de l’abbé Colbert le 30 octobre 1678 dans lequel Racine après avoir souligné les mérites personnels du récipiendaire dans les domaines de la science et de la Religion, fit un vif éloge du Roi, protecteur de l’Académie, et celui de la famille Colbert dont les membres occupaient les postes les plus enviables dans l’État.
À la suite du Discours on trouve le plan du 1er acte d’Iphigénie qui d’après Louis Racine est le seul fragment poétique trouvé dans les papiers de son père.
L’Extrait de Lucien est une véritable thèse sur l’art de l’historien et la manière d’écrire l’Histoire. Racine l’aurait rédigé pour s’en inspirer lorsqu’il fut nommé historiographe du roi.
Les fragments historiques sont des notes écrites par Racine, jetées sur le papier « sans style et sans ordre ». Elles sont recueillies telles quelles, ignorant l’usage que l’auteur aurait pu en faire.
Les Réflexions pieuses sur quelques passages de l’Écriture Sainte donnent une idée très juste sur les préoccupations morales et religieuses de Racine » (Guibert).
Écrites par son fils, Louis Racine, la vie de Racine connut un vrai succès puisqu’elle servit de source principale à toutes celles qui furent publiées par la suite.
« Ses Mémoires ne sont pas seulement une œuvre de piété filiale. On y puise aussi des renseignements sur Boileau, le goût de son époque, étroit et conventionnel. Les anecdotes sont amusantes et vives. Surtout le commentaire de chaque pièce nous fait connaître un des aspects essentiels du purisme grammatical desséchant qui a régné jusqu’à la fin du XVIIIè siècle » (Grente).
Joli exemplaire en veau blond aux armes de la Marquise de Pompadour, provenance séduisante qui rappelle le gout de la favorite de Louis XV pour le théâtre.
« La langue française, grâce à Boileau, à Racine et aux écrivains de notre siècle, est le seul idiôme étranger que les Russes aient adopté. Catherine parle, dit-on, cette langue avec une grande pureté » disait fièrement Madame de Pompadour dans ses Mémoires (1830, t. I, p. 229).
L’exemplaire est mentionné dans le catalogue de la bibliothèque de Madame de Pompadour (1765) sous le n° 3511.
Les exemplaires armoriés sont rarissimes ; celui de Jacques Guérin aux armes de Madame Victoire, fut vendu 50 850 FF (7 750 €) le 29 mars 1984, il y a 35 ans (Réf : Très beaux livres anciens. Paris, 29 mais 1984 n° 83).
