Gulliver ressuscité, ou les voyages, campagnes et aventures extraordinaires du baron de Munikhouson.

Raspe, Rudolph Erich

Rare édition originale française des Aventures du baron de Munchhausen
conservée dans son beau brochage en papier dominoté du temps, telle que parue.

In-12 de VIII pp., 75 pp. Brochure de papier dominoté de l’époque

182 X 111 mm.

Raspe, Rudolf Erich. Gulliver ressuscité, ou les voyages, campagnes et aventures extraordinaires du baron de Munikhouson.

Londres et Paris, Royez, 1787.

Rare édition originale française des célèbres aventures du baron de Munchhausen conservé dans son beau brochage dominoté de l’époque.

Sander, 882 ; Bulletin Morgand et Fatout, 2172.

L’auteur, Raspe (1736-1794), scientifique allemand ayant professé notamment en Angleterre, vivant d’expédients, mais toujours criblé de dettes, décide de raconter les aventures du baron de Munchhausen qui lui avait été contées à son retour de Russie. Utilisant le merveilleux, volontiers affabulateur, le bon baron campe dans l’imaginaire populaire le vieux militaire nostalgique et jamais remis d’exploits passés ou rêvés.

L’ancêtre de Cyrano de Bergerac pour la faconde et de Tartarin de Tarascon pour cette nostalgie.

Karl Friedrich Hieronymus Freiherr von Münchhausen (1720-1797) est un officier allemand à la solde de l’armée russe. Il est nommé, en 1750, capitaine de cavalerie, avant de quitter l'armée russe. Lors de son retour en Allemagne, il s'installe dans le château qui l'a vu naitre à Bodenwerder et mène une vie de propriétaire terrien. Il confie à l'écrivain Rudolf Erich Raspe ses « extraordinaires » aventures avant de se fixer à Hanovre. Surnommé le « baron de Crac » (« baron du mensonge », selon l'expression « raconter des craques »), il aurait voyagé sur la Lune sur un boulet de canon et aurait dansé avec Vénus.

Son destin et sa faconde devinrent aussi légendaires que celles de son homologue d'outre-Rhin Cyrano de Bergerac, lui assurant une réputation d'affabulateur hors pair.

L’étrange baron se sauva d’un marécage où il était tombé en se prenant aux cheveux et en tirant de toutes ses forces ; au plus fort d’une chute de neige, il attacha son cheval à un tronc d’arbre qui se révéla, au matin, lorsque la neige fondit, la flèche d’un clocher ; chevauchant des boulets de canon, il se promenait dans l’espace ; il alla par deux fois dans la lune…Ces récits tirent leur poésie d’une invraisemblance absolue ; leur humanité découle de l’insouciante et inépuisable joie de vivre du héros, dans sa familiarité cordiale et désinvolte vis-à-vis de la nature, des hommes et des animaux qui l’entourent, dans sa façon de mettre en toute occasion l’absurdité au service de l’allégresse et de la joie.

Les récits extraordinaires du baron constituent la reprise d'un imaginaire collectif amplifié par le merveilleux et la truculence d'un militaire nostalgique d'exploits, à la manière de Tartarin de Tarascon.

L’ouvrage sera à nouveau traduit par Théophile Gautier au XIXe siècle avant d’être cristallisé dans la mémoire collective par le film de Georges Méliès en 1911.

Thiébaud n’en avait vu qu’un seul exemplaire.

Très bel exemplaire, non rogné, conservé dans son beau brochage dominoté de l’époque, tel que paru.

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