La belle et plaisante histoire des quatre fils Aymon
Célèbre roman de chevalerie des « Quatre fils Aymon » illustré de 5 gravures sur bois répertorié pour cette édition du XVIè siècle à 4 exemplaires.
Exemplaire en maroquin citron aux armes du Marquis Pajot de Marcheval.
In-4 de (4) ff., (118) ff.
Maroquin citron, fine dentelle dorée encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs orné, mors restaurés, coupes ornées, roulette intérieure, tranches dorées.
Reliure armoriée de Thompson réalisée à Paris vers 1845.
189 x 132 mm.
Renaut de Montauban. La belle et plaisante histoire des quatre fils Aymon, Duc de Dordone. De nouveau reveue, corrigee en plusieurs passages corrompuz, & embellye de nouveau Langage (…).
Anvers, VVaesberghe, 1561.
L’un des quatre exemplaires répertoriés de cette édition illustrée de 5 gravures sur bois des Quatre fils Aymon. Brunet ne cite qu’un seul exemplaire décrit par Techener.
L’un des plus célèbres romans de chevalerie de langue française.
Au départ, Renaut de Montauban (également appelé les Quatre Fils Aymon) est une chanson française du XIIIe siècle, appartenant à la geste carolingienne. Aymon prince des Ardennes, saxon d'origine, fut chargé par Charlemagne de gouverner le pays dont Albi était la capitale et prit le titre de duc de Dordogne.
Il eut pour fils les quatre preux Renaud, Guichard, Adélard et Richard que Charlemagne arma chevaliers.
Renaud avait juré à Charlemagne une fidélité à toute épreuve, en son nom et au nom de ses frères. Mais ensuite le duc d'Aigremont, frère d'Aymon, s'étant attiré la colère de Charlemagne, celui-ci envoya des troupes contre lui ; il ne voulait que le vaincre et lui imposer des conditions, mais Ganeron, moins scrupuleux, le tua dans la bataille. Alors Renaud et ses frères vinrent trouver Charlemagne pour lui demander justice du meurtre de leur oncle. N'ayant pu rien obtenir, ils se considérèrent comme déliés de leur serment, puis, aidés par le magicien Maugis, leur cousin, ils se frayèrent l'épée à la main, un passage
à travers les soldats du grand roi, et plus d'une fois ils ne durent leur salut qu'à leur unique cheval Bayard, que leur avait donné la fée Orlande.
Le roman de chevalerie excelle ensuite à retracer en termes fleuris les prouesses des quatre preux : combats sanglants, sièges de forteresses, retraite chez le roi d'Aquitaine qui donne sa sœur, la belle Clarisse, en mariage à Renaud pour le prix de la vaillance avec laquelle il avait combattu les Sarrasins ; construction du château de Montauban sur les bords de la Dordogne ; refus du roi d'Aquitaine de livrer ses hôtes à Charles ; siège du château de Montauban par ce dernier, assisté de Roland, son neveu, et de Richard de Normandie ; défense héroïque de la place, combat singulier de Roland et de Renaud décrits à grands traits comme les combats de l'Iliade ; sortilège de Maugis, qui transporte au milieu de Montauban le roi Charles endormi ; instances de Renaud pour obtenir la paix, refus de Charles, qui exige avant tout que Maugis lui soit livré ; sortie nocturne de la garnison, et capture de Richard de Normandie par Renaud, qui menace de mettre à mort son prisonnier, si le roi s'obstine à repousser ses propositions de paix ; préparatifs du supplice, opiniâtreté de Charles et générosité de Renaud, qui donne spontanément la liberté à Richard.
Les douze pairs menacent alors le roi de quitter son service s'il ne conclut la paix avec les fils Aymon. Charles accorde la paix aux fils Aymon, à condition qu'ils lui remettront leur cheval, le fameux Bayard, et que Renaud partira pour la Terre Sainte. En effet, Renaud, suivi de Maugis, se met en route pour Jérusalem. Après avoir contribué à délivrer la ville sainte, qui était au pouvoir des Perses, il revient en Europe, distribue ses biens à ses enfants, et, revêtu d'habits de pèlerin, erre à l'aventure dans les bois, se nourrissant de fruits sauvages. Il arrive alors à Cologne où il est tué. La légende rapporte que le vaillant chevalier fut canonisé sous le nom de saint Regnault.
Cette légende fleurie des quatre preux prit naissance dans les pays du Nord, en Flandre, Belgique ou Westphalie. Les troubadours enjolivèrent la chanson de gestes du XIIIe siècle qui ne fut publiée pour la première fois qu'en 1493.
« Le succès du poème fut considérable, comme en témoignent les manuscrits tant en vers qu'en prose qui en sont conservés ainsi que les multiples allusions qui y sont faites soit dans les chansons de geste, soit dans les chroniques, et comme l'attestent les développements cycliques essentiellement consacrés à Maugis. [...] En Italie, Renaut se mua en ce prestigieux Rinaldo qui devint, avec Orlando, le protagoniste du roman chevaleresque italien » (Grente, DLF - Moyen Âge, p. 1256).
Le texte décrit aussi les premiers exploits de Roland.
L’iconographie comprend 5 bois gravés (80 x 56 mm) dont 3 différents.
Précieux exemplaire relié vers 1845 aux armes du marquis Pajot de Marcheval.
Parmi les éditions du XVIe siècle, Bechtel ne mentionne qu’un seul exemplaire passé sur le marché au cours des quarante dernières années : « Décembre 1999, il y a 20 ans, n°494, 38 112 € en mar. moderne pour l’édition de Lyon, 1502 ».
Ref. B 6627 [MPM]. - Pettegree FB 45826 & NB 26470 [3: MPM, The Hague, Bodleian - these only in Worldcat]. - Not in Adams, BnF, STC Dutch or French (BL), Le livre populaire etc.
