L’année des dames nationales
Très bel et rarissime exemplaire de L’Année des dames nationales de Restif, bien complète des 31 gravures hors texte dont celle du 29 octobre représentant l’exécution de Charlotte Corday, conservé dans ses belles brochures roses de l’époque.
12 volumes in-12 en pagination continue; illustré de 31 planches hors texte gravées sur cuivre (12 en frontispice (dont 11 à double compartiment). Brochés, sous couvertures souples rosé de l'époque, vignettes de titre et de mois sur dos. Exemplaire à toutes marges.
180 x 110 mm.
Restif de La Bretonne, Nicolas Edme. L’année des dames nationales ; ou Histoire, jour-par-jour, d'une femme de France.
Genève, Paris, Les Libraires, 1791-1794.
L'une d'entre elles représente l'exécution de Charlotte Corday. Superbes brochures de l’époque.
Précieuse édition originale de l’un de plus importants ouvrages de Restif de La Bretonne pour l’histoire des mœurs pendant la Révolution.
Rives Childs. pp. 322 à 327, Cioranescu 52632, Cohen. Livres à gravures du XVIIlè siècle, pp. 884-885, Jacob. Bibliographie raisonnée des ouvrages de Restif de la Bretonne, pp 344 à 368.
Composé de 12 volumes, l'un pour chaque mois de l'année, ce roman de mœurs se compose de près de 600 histoires, véritable creuset d'inspiration littéraire, souligné par les bibliographes : « toutes contenant des faits étranges et propres à fournir aux auteurs dramati ques des sujets de pièces dans tous les genres. »
L'auteur émet lui-même ce jugement enthousiaste sur son œuvre : « Cet ouvrage infiniment varié, très extraordinaire, très intéressant, contient 610 Nouvelles, toutes extraordinaires ». Son impression qui avait coûté trente mille francs fut une entreprise ruineuse pour Restif qui se plaint amèrement des aléas et des faits exorbitants de cette époque révolutionnaire dans une note finale.
L'ouvrage qui met en scène maintes femmes célèbres de l'époque révolutionnaire, croustille d'anecdotes et détails très pittoresques que Restif tenait surtout du marquis de la Grange, ancien officier des Mousquetaires, qui tous les vendredis assistait aux soupers littéraires de la comtesse de Beauharnais.
« Là, vers trois heures du matin, le marquis se mettait à raconter les anecdotes secrètes des cours de Louis XV et de Louis XVI. »
Afin de pouvoir en outre disposer de renseignements authentiques sur chacune des provinces de France, Restif avait en outre fait écrire par ses éditeurs dans les villes caractéristiques pour glaner « tous les traits concernant les femmes et les filles de cette ville… ». Il reçut ainsi 500 réponses précises qu'il adapta dans ses nouvelles.
L’intérêt de ce recueil est renforcé par son iconographie importante pour l’histoire des mœurs et du costume sous la Révolution.



