Les quatre premiers livres des odes
Précieuse édition, en partie originale, contenant 21 pièces inédites et première édition des Odes dans laquelle paraît (Premier livre Ode XV) la célèbre odelette « Mignonne, allon voir si la rose… ».
Magnifique et exceptionnel exemplaire relié en vélin de l’époque.
In-8 de (4 f.)-132f. / *4, a-q8, r4. Privilège du 4 janvier 1553 ; achevé d’imprimer du 25 janvier 1555. Au verso du second feuillet, portrait de Ronsard gravé sur bois.
Vélin souple à recouvrements avec passants et traces de lacets, dos lisse avec le titre anciennement écrit à l’encre, mention Ronsard à l’encre sur la tranche supérieure. Reliure de l’époque.
165 x 103 mm.
Ronsard, Pierre de. Les Quatre premiers livres des odes… dédiés au roy.
Paris, Veuve Maurice de la Porte, 25 janvier 1555.
Précieuse édition, en partie originale, contenant 21 pièces inédites et première édition des Odes dans laquelle paraît (Premier livre Ode XV) la célèbre odelette « Mignonne, allon voir si la rose… » publiée pour la première fois à la fin des Amours en 1553.
Barbier, MBP, 17 // Brunet, IV-1378 // Cioranescu, 19413 // Tchemerzine- Scheler, IX-425.
« Les Odes de Ronsard ont valeur de manifeste : leur ambition est de renouveler la poésie française dans le docte enthousiasme de la Pléiade. Regorgeant de mythes, d'allusions savantes, de métaphores gréco-latines, les grandes odes de Ronsard réagissent, en effet, avec une vigueur hautaine contre les épîtres, épigrammes et rondeaux où se cantonnaient volontiers les poètes de son temps. Lui‑même, il se proclamait « le premier auteur lirique François », l'introducteur de l'ode dans le royaume, et Joachim Du Bellay le loue d'avoir fait « en France rechanter Horace et Pindare ». Pindare et Horace caractérisent les deux principales inspirations des Odes : l'ode grave et l'ode légère. L’œuvre fut accueillie comme un événement. Soucieux de se renouveler, Ronsard se tourne, vers d'autres modèles le « doux » Anacréon et l'Anthologie grecque.
Il ne renie pourtant pas la grande inspiration judaïque. On y voit « aussi percer la fière idée que l'auteur se faisait du rôle des poètes conducteurs de peuples ».
Chantre attitré des Valois, Ronsard excelle dans l’ode royale ou princière. La nature, et singulièrement les paysages de sa Touraine, doivent à Ronsard des vers qui sont dans toutes les mémoires. Et s'il est vrai que le Ronsard passionné est moins présent dans les Odes que dans les Amours, du moins y voyons-nous paraître la charmante figure de Cassandre Salviati à qui est dédié l'immortel « Mignonne, allons voir si la rose... ».
Sur sa tombe, on lut cet alexandrin qui résume bien la sagesse des Odes : « Le vert trésor de l'homme est la verte jeunesse ».
L’apparition des Odes de Ronsard, disait Chamard, est un de ces événements que l’on qualifie de sensationnels…
Le livre fait également date d’un point de vue syntaxique, Ronsard utilisant pour la première fois son orthographe réformée ».
La publication des Odes fit l'effet d'une bombe. Disciples de Marot et rimeurs de tout poil s'enflammèrent à l'envi. Leur porte-parole était Mellin de Saint-Gelais. On connaît trop la querelle du Louvre pour s'y attarder ici : Saint-Gelais, devant la Cour, affecta de lire ridiculement les Odes, en appuyant sur certaines tournures insolites, et la princesse Marguerite, sœur du roi, prit 1a défense du jeune poète, reprochant à Saint-Gelais sa mesquinerie.
Magnifique et exceptionnel relié en vélin à recouvrement de l’époque très grand de marges : 166 mm contre 162 mm pour l’exemplaire Barbier, lui aussi en reliure de l’époque





