Lettres sur différents sujets
Précieuse et rare édition originale de la passionnante correspondance entre J. B. Rousseau et Claude Brossette ;
« ces lettres qui ont contribué à donner au XVIIIè siècle sa physionomie de siècle des Lumières ».
Superbe exemplaire relié en maroquin citron à dentelle de l’époque aux armes du Comte de Calenberg (1685-1772).
3 volumes in-12, maroquin citron, fine dentelle dorée aux libellules sur les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs orné, filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées.
Reliure armoriée de l’époque.
137 x 80 mm.
Rousseau, Jean-Baptiste. Lettres de Rousseau sur différents sujets (correspondance entre J.-B. Rousseau et Claude Brossette (1671-1743).
Genève, Barrillot, 1749.
Edition originale très rare de la célèbre correspondance étalée sur vingt-cinq années entre J.-B. Rousseau et Claude Brossette plusieurs fois réimprimée au vingtième siècle.
Claude Brossette, brillant avocat lyonnais et homme de lettres avait entretenu avec Boileau de 1699 à 1710 une correspondance suivie, qui a été publiée par François Louis Cizeron Rival en 1770 et une autre abondante correspondance avec J. -B. Rousseau publiée à Genève en 1749 (la présente édition) maintes fois réimprimée et notamment en 1910-1911. (Correspondance de Jean-Baptiste Rousseau et de Brossette, Paris, Société nouvelle de librairie, 1910-1911, 2 volumes par Paul Bonnefon).
La personnalité de Claude Brossette reste exemplaire de ces lettrés et académiciens de province qui ont contribué à donner au XVIIIè siècle sa physionomie de siècle des Lumières.
Interlocuteur des plus grands auteurs de la fin du xviiè et du xviiiè siècle, de Malebranche à Voltaire, il bénéficia d'une bonne notoriété dans la République des lettres et chez les juristes ; dont témoigne une riche correspondance en partie inédite. Car Brossette ne fut pas seulement un membre réputé du barreau lyonnais et un philanthrope, administrateur de l’Hôtel-Dieu, puis recteur de l’hôpital de la Charité à Lyon. Il fut également fondateur et secrétaire perpétuel pendant quatre décennies de l'Académie de Lyon, un de ces académiciens provinciaux qui étendaient l'activité de la République des lettres au-delà du centre parisien. C'est une Académie similaire, celle de Dijon, qui permit à Jean-Jacques Rousseau d'écrire sa première œuvre majeure et de se faire connaitre, en répondant à un concours en 1751.
On a conservé de Claude Brossette, en plus de ses éditions de poètes, des lettres avec des notables érudits (François Bottu de La Barmondière Saint-Fonds, Laurent Dugas), une correspondance avec Boileau et une correspondance moins connue avec le poète lyrique Jean-Baptiste Rousseau, qui illustrent cette activité de passeur ; autant de documents pour comprendre le fonctionnement de la littérature en dehors de Paris et dans les cours européennes. Le détail de cette vie riche et emplie par l'amour des lettres a été relaté par François-Louis Cizeron-Rival, possesseur des papiers de Brossette, qui a donné la première édition de ses lettres avec Boileau. Selon le chercheur Samy Ben Messaoud, l'exploitation historique de ses archives reste à faire et serait une source appréciable pour comprendre non seulement la vie culturelle lyonnaise, mais les champs symboliques des juristes, des parlementaires et des lettrés du xviiiè siècle.
Il est certain que dans son siècle Rousseau demeure sans égal pour l’ode : l’Ode à la Fortune, l’Ode à Adonis, l’Ode à Bacchus. v. Odes et poésies diverses de J. -B. Rousseau – contiennent de fort beaux passages ; il a créé un nouveau genre lyrique, la cantate, qui lui valut un immense succès et l’on pourrait même dire une immense popularité – la plus parfaite dans ce genre est la Cantate de Circé. Ses Épigrammes, souvent recherchées, sont loin de manquer de pointe : dans ses Epîtres et ses Allégories, on trouve encore quelques beaux vers. L’œuvre de Rousseau a surtout exercé une profonde influence par l’invention formelle qu’elle contient. Il est resté le modèle du lyrisme jusqu’à la fin du xixè siècle. Lamartine et Hugo lui ont emprunté la diversité et l’éclat des strophes. Son inspiration est marquée par l’amertume qu’il ressent devant son destin, et l’appel ardent à la justice divine, même si ses contemporains ont surtout été frappés par la perfection un peu abstraite du style.
Précieux exemplaire relié en maroquin citron de l’époque aux armes duComte Henri de Calenberg, chambellan de l’Empereur, général mestre de camp, seigneur de la Chambre de l’électeur de Saxe et prévôt du chapitre de Misnie, en Saxe ; né le 10 février 1685, mort le 27 avril 1772. Il avait épousé Marie-Thérèse-Bernardine, marquise de Paskal, née le 29 avril 1686, morte le 23 avril 1747. Il possédait une splendide bibliothèque dont la plupart des volumes étaient reliés en maroquin rouge, jaune, violet, bleu, vert, citron et autre précieux ligatures… » (J. Guigard).
