Margarita Davitica
Edition princeps rarissime et magnifique exemplaire des Psaumes extraits des Commentaires de Saint Augustin et Saint Jérôme.
Augsbourg, Gunther Zaimer, fin 1475.
« Of excessive rarity ».
In-folio de (124) ff. [a-k10 l6 m n 8; *2], 2 ff. de table sur 2 colonnes, belles initiales rubriquées dans le texte, l’une avec ornementation gravée sur bois. Maroquin vert, plats ornés d’un double encadrement de triple filet or à la Duseuil, fleurons d’angle, dos à nerfs richement orné, roulette intérieure dorée, double filet or sur les coupes, tranches dorées. Reliure signée de Rivière & son.
297 x 205 mm.
Saint Augustin. Saint Jerome. Margarita Davitica. Margarita Davitica seu Expositio Psalmorum.
[Augsburg : Günther Zainer, about 1475-76].
Ib. IN nomie sanctissime τ individue trinitatis…
2a. Incipiunt tituli psalmorum et expositio eorum.
122b. Colophon : Liber margarita Davitica nuncupatus : ex Sacris Ecclesie sancte luminibus : Hieronimo : Augustino Ac Cassiodoro : originaliter ac summarie sumptus…. Qn de penitentia una cum ad sensum semper exponendi modum literalem feliciter finit. 123b. Registrum expositionum libri psalmorum…
124b. Registrū Psalmorū David : Et numer9 foliorum : I quo quisqȝ cōtinetur : finit feliciter.
Edition princeps de grande rareté imprimée à Augsbourg par Gunther Zainer vers la fin de l’année 1475 de ces Psaumes extraits des commentaires de Saint Augustin et Saint Jérôme.
Magnifique exemplaire complet, rubriqué, à grandes marges (hauteur 297 mm).
This work is number 11 in Zainer’s second advertissement, which dates it to not after 1476.
It is the only recorded edition of this collection of “pearls” from the Psalms, extracted from the commentaries of Augustin and Jerome.
Pour Augustin, poser le problème de l’homme c’est poser le problème de Dieu. Le monde trouve bien une place dans sa spéculation, mais il centre celle-ci sur Dieu et sur l’homme ; le monde extérieur ne l’intéresse que par rapport à l’homme qui joue en quelque sorte le rôle de médiateur entre lui et Dieu. D’où le caractère essentiellement spiritualiste (et par là vraiment chrétien) de sa pensée, en opposition avec la tendance constamment cosmologique de la philosophie grecque. Le problème de la personne humaine, inséparable de celui de Dieu et de ses rapports avec la création, voilà ce qui fait l’unité d’une pensée que seuls des observateurs superficiels ont pu juger fragmentaire. La philosophie de Saint Augustin est un dialogue ardent et ininterrompu entre la créature et le créateur, entre l’homme qui cherche Dieu et Dieu qui vient à sa rencontre, un voyage spirituel de l’être fini vers l’être infini. Se connaître soi-même dans la véritable essence de son être, c’est savoir que Dieu existe et le rencontrer par la « charitas » (amour). Itinéraire du cœur donc, mais qu’on ne s’y trompe pas : l’homme est pour Augustin un être pensant puisqu’il participe de la vérité ; Dieu est vérité, il est la Vérité. C’est pourquoi « intellectus valde amat » : faire de Saint Augustin un « anti intellectualiste », au sens qu’a de nos jours cette expression, serait trahir sa pensée, aller contre la lettre et l’esprit d’une philosophie qui est rigoureusement dans la ligne de l’idéalisme platonicien, dont elle est la transposition chrétienne. Mais qu’on se garde également de l’erreur opposée, celle de faire d’Augustin un logicien abstrait et formaliste ; la vérité n’est pas pour lui une vision de l’esprit mais sa vie même ; la vérité n’est pas un objet sur lequel on spécule de l’extérieur, comme autour d’une chose distincte de nous, mais elle se pense et se vit intérieurement, elle ne fait plus qu’un avec l’homme. « Philosopher », pour Augustin c’est rentrer en soi-même pour se trouver et y trouver une vérité qui nous transcende : « Noli foras ire, in te ipsum redi, in interiore homine habitat veritas, et si tuam naturam mutabilem inveneris, transcende et te ipsum. »
Saint Augustin est des Pères de l’Église celui autour duquel le monde chrétien a le plus âprement disputé : catholiques et protestants, jansénistes et jésuites se sont également abrités derrière son autorité pour faire triompher leurs doctrines.
Réf : Goff M 262 ; HC 10754 ; BMC ii 323 ; BSB-Ink M-171 ; Bod-inc M-096 ; GW M20961 ; Grosjean & O’Connell 84.
Provenance : Annotation manuscrite Beuerberg (Bavaria) College sur le premier feuillet, inscription manuscrite sur le troisième feuillet [ ? Dr Gerog Kloss, sale,Sotheby’s 19 May 1835, Lot 2687] ; presence d’annotations bibliographiques en anglais (“of excessive rarity”) ; William O’Brien, avec ex-libris daté de 1899.



