La deplourable fin de Flamete
Édition originale rarissime [livre fort rare (Brunet) ; manque à la B.n.F] du premier livre publié et traduit par Maurice Scève (1500-1560), génie de la Renaissance qui a renouvelé la langue littéraire. C’est aussi le premier livre à présenter, dès l’année 1535, un premier huitain de Scève.
Superbe exemplaire provenant des bibliothèques Nicolas Moreau (1556-1619), maitre d’hôtel du roi Henri IV, Guillaume Libri (1803-1869), mathématicien, historien et bibliophile célèbre pour ses vols de livres précieux à la B.n.F. ; Nicolas Yéméniz (année 1867, n° 2261) ; cachet de bibliothèque A. E. ; Lucien Scheler ; Jean Bourdel (ex-libris).
USTC ne répertorie que quatre exemplaires : Chantilly, bibliothèque Lyon, Vienne et Wolfenbutel (Allemagne).
Petit in-8, gothique de 71 ff., maroquin rouge janséniste, double filet à froid encadrant les plats, dos à nerfs, filet or sur les coupes, roulette dorée intérieure, tranches dorées. Reliure signée « Duru, 1847 ».
143 x 95 mm.
Scève, Maurice (1500-1560). La Deplourable fin de Flamete, élégante invention de Jehan de Flores espaignol, traduicte en langue Françoyse (par Maurice Scève). Souffrir se ouffrir, 1535.
On les vend à Lyon, chez Françoys Iuste, devant nostre Dame de Confort.
« Livre fort rare » (Brunet).
Manque à la B.n.F. ; aucun autre exemplaire répertorié sur le marché aux XXe et XXIe siècles.
Édition originale rarissime du premier livre publié et traduit par Maurice Scève, paru 9 ans avantDélie.
C’est aussi le premier livre imprimé à présenter un huitain de Scève au recto du f. a.
L’importance de ce volume se mesure aussi aux résultats obtenus lors de la vente « Yéméniz » de mai 1867. Cet exemplaire de Maurice Scève, n° 2261, fut alors adjugé 150 F. Or. A la même vente Yéméniz « le Grant Testament » de Maistre François Villon, vers 1518, relié par Padeloup, en maroquin rouge, n° 1625 fut adjugé 80 Fr. Or. Le 28 juin 2023, maître Giquello réadjugé 432 818 € ce même exemplaire Yéméniz du « Grant Testament » (n° 1625 du catalogue de mai 1867).
Juan de Flores (1460 ? - 1525 ?), diplomate espagnol dont on sait peu de choses, fut chroniqueur officiel des Rois Catholiques Ferdinand II et Isabelle 1ère.
S’inspirant de l’Elegia di Madonna Fiammetta de Boccace, Flores relate les aventures de la jeune Gradissa qui, bouleversée par les amours malheureuses de Fiammetta et de son amant Pamphile, rejette les avances de tous les hommes, y compris celles du beau et noble Grimalte.
Cette première traduction française est due à Maurice Scève, poète lyonnais du XVIe siècle, qui fut à la fois avocat, jurisconsulte, poète, musicien, peintre, architecte et même antiquaire, et qui fut lié aux grands esprits de son temps. Cette traduction est sa première publication.
L’Épistre est suivi d’un huitain, également de Maurice Scève. Le texte est orné de 38 lettrines historiées gravées sur bois.
Scève a réussi à créer un cycle d'une unité évidente et à l'intérieur duquel on peut trouver des dizains tout à fait remarquables par la densité de la parole, par l'autorité rythmique de la phrase, et par la façon dont l'intelligence et le sentiment s'équilibrent au moyen de cette parole incantatoire.
Très bel exemplaire de ce joyau littéraire, le titre porte la trace d’un ex-libris : Des livres de N. Moreau / Sr d’auteuil & Torriau ( ?) / A Lami son cœur.
On connait plusieurs livres ayant appartenu à ce bibliophile Nicolas Moreau (1556-1619), seigneur d’Auteuil et de Thoiry, maître d’hôtel du roi, trésorier du duc d’Anjou et trésorier de France, qui laissait sur ses ouvrages l’anagramme de son nom : A Lami Son Cœur.
Le dernier feuillet blanc porte des annotations anciennes en espagnol en partie effacées.
Provenances : Nicolas Moreau (1556-1619) ; Guillaume Libri (1803-1869), célèbre mathématicien, historien et bibliophile italien auteur de vols de livres rares de la B.N.F. ; Nicolas Yéméniz (mai 1867, n° 2261 – 150 fr. Or) ; cachet A.E. ; Lucien Scheler (signature) ; Jean Bourdel (ex‑libris).





