Adieu, vive clarté...
C'est le récit de la fin de l'enfance, la naissance d'un homme et d'un grand écrivain.
Très bel exemplaire du tirage de tête conservé dans une élégante reliure d’Alix.
In-8 de 249 pp., (3) ff.
Demi-maroquin à long grains bordeaux, dos lisse, titre doré au dos, tranche de tête dorée, couvertures et dos conservés. Reliure signée Alix.
215 X 144 mm.
Edition originale.
L’un des 40 exemplaires numérotés sur vélin pur Chiffon de Lana, seul grand papier.
Dans ce roman autobiographique dont le titre est une citation du début du second vers de Chant d'automne tiré des Fleurs du mal, l'auteur évoque son exil à Paris en 1940, sa découverte de l'adolescence, du monde, de la féminité et surtout son appropriation de la langue française.
« L’expérience de Buchenwald n’y est pour rien, n’y porte aucune ombre. Aucune lumière non plus.
Voilà pourquoi, en écrivant Adieu, vive clarté… , il m’a semblé retrouver une liberté perdue, comme si je m’arrachais à la suite de hasards et de choix qui ont fini par me composer une sorte de destin.
Une biographie, si l’on préfère moins de solennité. Même si le hasard ou la chance m’avaient évité de tomber dans le piège de la Gestapo, même si mon maître Maurice Halbwachs n’avait pas agonisé dans mes bras, au block 56 de Buchenwald, j’aurais été ce garçon de quinze ans qui découvrait l’éblouissante infortune de la vie, ses joies aussi, inouïes, à Paris, entre les deux guerres de son adolescence. M’y voilà de nouveau ».
Jorge Semprun nous raconte sa famille, son père, sa mère, la maison de vacances en Espagne, la Hollande où son père avait été envoyé par la République.
Ce qu’il a connu de la guerre d’Espagne. Ils étaient devenus des exilés et s’étaient installés en France. Viennent alors les souvenirs du lycée Henri IV, où il va avec son frère. L’ambiance de Paris, de la vie de jeune homme dans cette grande ville dont son père lui avait si souvent parlé. Les autres réfugiés, les Espagnols qui défilent dans les rues de Paris, battus mais fiers ! De ce moment lui vient son penchant pour la gauche, qui le fera adhérer plus tard au parti communiste. Il ne fera d’ailleurs pas qu’adhérer, il sera actif et fera plusieurs voyages clandestins en Espagne, au risque d'être pris et torturé dans une prison espagnole. Puis une nouvelle guerre s’approche et il intitule avec une extrême justesse la dernière partie du livre " Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres… "
Semprun had written and spoken extensively about his experience as a Buchenwald deportee hence it is understandable that in Adieu vive clarté he might wish to write a novel concerning a period of relative existential freedom, his youthful discovery of Paris à la Rastignac and his love of European literature and languages.
« Adieu, vive carté… was written with one goal in mind – to avoid mentioning the camps. So this book is a mélange of fiction and reality going back to certain events of my adolescence, from the time of my arrival in France in 1939 ».
Très bel exemplaire, l’un des 40 du tirage de tête, aux couvertures et dos conservés, élégamment relié par d’Alix.
Il est enrichi d’un envoi signé de l’auteur : « Pour Pierre en souvenir affectueux ces souvenirs d’adolescence parisienne ».





