De l'Amour

Stendhal
Paris, Mongié, 1822.

Unique exemplaire répertorié (voir ci-dessous) de l’œuvre de prédilection de Stendhal conservé dans sa pleine reliure décorée de l’époque.

De la bibliothèque B. Loliée.

2 tomes en un volume in-12. Veau olive, filet doré, roulette palmée à froid entourant une grande plaque à motifs de rinceaux, dos orné de filets et roulettes dorés et de fers à froid, filet doré sur les coupes, tranches marbrées, étui moderne. Reliure de l’époque attribuable à Bibolet.

173 x 102 mm.

Stendhal [Henri Beyle, dit]. De l’Amour. Par l'auteur de l'Histoire de la peinture en Italie et des Vies de Haydn, Mozart et de Métastase.
Paris, Mongié, 1822.

Édition originale rarissime en pleine reliure décorée de l'époque.

« Rare et très recherché. » (Clouzot)

«Ouvrage fort recherché ; son titre en est une raison qui, sans dominer les autres, est un fait. Un livre hardi et froidement réaliste qui fit sensation à l'époque. » Carteret. Trésor du bibliophile. II. 346

De l’Amour est le livre d’un amoureux, le livre d'un homme qui, passant un jour en revue les femmes qu'il avait aimées, avouait naïvement que la plupart de ces êtres charmants ne l'avaient point honoré de leurs bontés, mais qu'elles avaient à la lettre occupé sa vie. [… ] Beyle considéra toute sa vie De l'Amour comme son œuvre principale, parce qu'il y avait exposé ses idées les plus chères, ses croyances les plus intimes, toute cette science du bonheur à laquelle il attachait tant d'importance, surtout parce y avait enfermé ses plus douloureux secrets d’amour (Martineau, L’Œuvre de Stendhal, 1945).

En 1818 et 1819 la vie de Stendhal est dominée par son amour malheureux pour Métilde Dembowski ; il quitte Milan à sa poursuite, la cherche à Voltera, à Florence, et ne parvient pas à vaincre sa résistance.
Après avoir songé à lui dépeindre sa passion dans un roman, Stendhal élabore à Milan pendant toute l'année 1820, la théorie de cet Amour, alors que Métilde se fait de plus en plus sévère.

Stendhal qui toute sa vie rechercha le bonheur dans l’amour s’implique personnellement dans ce qu’il estime devoir être son ouvrage principal.
L’expérience directe de ses sentiments les plus intimes conduira ainsi à l'image demeurée célèbre de la « cristallisation » de l’amour. S’écartant en fait du cadre volontairement scientifique qu'il s'était assigné, Stendhal se veut chantre de l’amour pur et fait revivre dans son œuvre souvenirs milanais délicats et douloureux et vivantes images à la gloire de l’Italie.

Œuvre de prédilection de l'auteur, « De l’Amour » fut aussi son plus grand échec. Il ne s’en vendit que quelques exemplaires et ces exemplaires de l'édition originale passèrent presque tous dans les mains de Bohaire, le successeur de Mongie, qui remit le livre en vente en 1833 avec nouveaux titres, nouvelle adresse et faute « Mozalt » pour « Mozart », sur le titre.

Seul exemplaire répertorié conservé dans une pleine reliure de l'époque entièrement décorée, condition très exceptionnelle.

Carteret et Vicaire ne décrivent aucun exemplaire en pleine reliure de l'époque : les exemplaires cités étant soit brochés soit en demi-reliure, et l'exemplaire de la vente Gompel (1921), annoncé en maroquin doublé avec couverture muette, n'a pu être relié qu’après 1870, date à laquelle on prend l'habitude de conserver les couvertures au moment de la reliure.

L’exemplaire Tissot-Dupont, en simple demi-reliure, fut adjugé 20 050 € le 18/10/2016.

Vendu