Racine et Shakespeare

Stendhal
Paris, Bossange, Delaunay, Mongie, 1823. Paris, chez les Marchands de Nouveautés, mars 1825.
Prix : 6 500 €

« Il faut être pour Shakespeare contre Racine ».

« Parmi les œuvres critique de Stendhal celle-ci a une valeur décisive pour comprendre la formation de l’esprit d’un des auteurs les plus représentatifs de l’époque moderne ».

Très bel exemplaire de cette rare édition originale de Stendhal.

Ensemble 2 volumes in-8 de 55 pp., VII et 104 pp.
Veau blond glacé, filet or encadrant les plats, dos lisses ornés de filets et fleurons dorés, coupes décorées, roulette intérieure dorée, non rogné, couvertures conservées. Yseux sr de Thierry Simier.

213 x 140 mm.

Stendhal [Henri Beyle, dit]. Racine et Shakespeare.

Très rare édition originale de ce fameux manifeste littéraire.

First edition of the first of two essays published by Stendhal : a brilliant and witty jeu d’esprit, the struggle between classicism and romanticism. Very scarce.

Racine et Shakespeare parait deux ans avant la publication du « manifeste » du Romantisme français, Cromwell de Victor Hugo.

Dans ces deux pamphlets Stendhal prend position pour une littérature dégagée du carcan des règles classiques. Il oppose au classicisme suranné le "romanticisme" actuel. Contre Racine, il préconise une tragédie en prose libérée des règles et centrée sur des sujets historiques et nationaux, à l'imitation de Shakespeare. "De nos jours, le vers alexandrin n'est le plus souvent qu'un cache-sottise".

Et l'auteur d'affirmer que Racine aussi bien que Shakespeare, à leur époque, ont été romantiques.

« Stendhal entrevoit la nécessité d’une nouvelle tendance dans la littérature et les mœurs. Il faut être pour Shakespeare contre Racine ».

Lamartine écrit au baron de Mareste, ami intime de Stendhal : "J'ai lu avec le plus grand plaisir l'ouvrage de M. Beyle. Il a dit le mot que nous avions tous sur la langue ; il a rendu clair et palpable ce qui n'était qu'une perception confuse de tous les esprits justes.

Il est à désirer qu'il étende davantage ses idées, qu'il fasse le premier une espèce de code de la littérature moderne. [… ] Le siècle ne prétend pas être romantique dans l'expression, c'est-à-dire écrire autrement que ceux qui ont bien écrit avant nous, mais seulement dans les idées que le tems apporte, ou modifie ; il devroit faire une concession : classique pour l'expression, romantique dans la pensée ; à mon avis c'est ce qu'il faut être" (Dictionnaire de Stendhal,2003 p. 382).

Très bel exemplaire, entièrement non rogné, aux couvertures conservées élégamment relié en veau blond par Yseux.