Les Mystères de Paris

Sue, Eugène
Paris, Librairie de Charles Gosselin, 1842-1843.

« Des malades ont attendu, pour mourir, la fin des Mystères de Paris » (Théophile Gautier).

Très rare édition originale « très rare en bel état et fort recherché » (Clouzot)

du chef-d’œuvre d’Eugène Sue qui connut un succès fulgurant.

Bel exemplaire conservé dans ses séduisantes reliures de l’époque signées de Kleinhans.

10 tomes reliés en 5 volumes in-8, demi-veau blond, dos lisse orné de filets à froid et dorés, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge, tranches mouchetées. Reliure de Kleinhans.

208 x 128 mm.

Très rare édition originale« très rare en bel état et fort recherché » (Clouzot) du chef-d’œuvre d’Eugène Sue.

Svane, Sue, 28 ; Vicaire, VII, 683 ; Carteret, II, 373 ; Clouzot, 260.

Elle n'a pas été tiré en grand papier.

Les Mystères de Paris est un coup de maître et connaît un succès fulgurant ; Théophile Gautier écrivit même que « des malades ont attendu, pour mourir, la fin des Mystères de Paris ».

L'exemplaire présente des mentions d’éditions fictives sur les titres et les deux premiers tomes sont datés de 1843 au lieu de 1842.

Les Mystères de Paris a eu une place unique dans la naissance de ce genre de littérature : ce n'est pas seulement un roman fleuve qui a tenu en haleine des centaines de milliers de lecteurs pendant plus d'un an, c'est aussi une œuvre majeure dans l'émergence d'une certaine forme de conscience sociale.

Le roman invente un nouveau genre, celui des bas-fonds et de la pègre, et celui de la ville. Précédant les grands travaux de Paris, Eugène Sue dresse le portrait d'une ville souterraine, grouillant dans la misère sociale du vieux Paris. On y suit les aventures d'un justicier, Rodolphe, Duc de Gerosltein, prince déguisé en ouvrier. L'oeuvre eut un succès foudroyant, Les personnages de cette épopée de la misère et du crime deviennent des figures de la vie quotidienne, dont on commente les actions et les paroles. Le livre aura de nombreuses implications politiques, plaidant pour l'aide à la misère et fera le lit de la révolution de 1848, créera une littérature de genre et inspirera de nombreux écrivains, notamment Hugo pour ses Misérables.

Les Mystères de Paris fut un des plus incroyables succès littéraires que la France ait connus au XIX e siècle. Du 19 juin 1842 au 15 octobre 1843, tout ce que le pays comptait de lecteurs attendit chaque jour la parution du Journal des Débats, pour y découvrir le dernier épisode du feuilleton d'Eugène Sue (1804-1857). Même, pour ne pas rester passivement suspendus aux aléas de l'intrigue, les lecteurs se mettaient à vouloir agir sur celle-ci, en proposant à l'auteur leurs propres scénarios. Naissait ainsi une des premières œuvres « interactives » de l'histoire des lettres. Pourquoi un tel engouement ? Pour la première fois, un écrivain se donnait pour but d'explorer les bas-fonds de la capitale. Sue ouvrait grands les repaires où les barbares de Paris concertent le vol et le meurtre ; il rendait accessible leur langage mystérieux, « rempli d'images frustes, de métaphores dégouttantes de sang ». La société de Louis-Philippe découvrait ainsi, effrayée et fascinée, un monde parallèle qu'elle côtoyait mais ignorait : celui des « classes dangereuses ».

À initier les belles dames à l'argot des bagnes et aux mœurs des mauvais lieux, à procurer aux gens honnêtes les frissons de l'encanaillement, le risque était toutefois de porter atteinte à l'ordre moral. L'auteur s'en inquiète : « Nous nous sommes demandé si de pareils tableaux devaient être mis sous les yeux. » Mais il rassure son lecteur. Les Mystères de Paris est bien une œuvre édifiante, où les méchants sont châtiés et les pauvres, s'ils sont vertueux et résignés, se voient récompensés » (Philippe Dulac).

Bel exemplaire revêtu de séduisantes reliures d'époque signées de Kleinhans établi à Paris entre 1814 et 1855.

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