Un homme qui dort

Perec, Georges
Paris, Denoël, 1967.

« C'est l’histoire de quelqu’un qui se déprend complètement, qui tombe dans l’indifférence et qui ensuite est fasciné par cette indifférence » (Perec).

Bel exemplaire, l’un des 15 premiers, conservé broché, tel que paru.

In-8 de 163 pp., (1) f., broché, chemise et étui Devauchelle.

208 x 125 mm.

Perec, Georges. Un homme qui dort.
Paris, Denoël, 1967.

Édition originale.

L’un des 15 exemplaires appartenant au tirage de tête sur vélin pur fil Lafuma Navarre (N°2).

Le troisième roman de Perec renverse le schéma habituel de l’énonciation : le narrateur s’adresse au personnage principal en le tutoyant, affirmant ainsi ce roman comme une 
autofiction. Cette utilisation du “tu” est analysée par Perec : « C’est une forme qui mélange le lecteur, le personnage et l’auteur. Ce “tu” est en même temps un “je” ».

« Tu as vingt-cinq ans et vingt-neuf dents, trois chemises et huit chaussettes, quelques livres que tu ne lis plus, quelques disques que tu n'écoutes plus. Tu n'as pas envie de te souvenir d'autre chose, ni de ta famille, ni de tes études, ni de tes amours, ni de tes amis, ni de tes vacances, ni de tes projets. Tu as voyagé et tu n'as rien rapporté de tes voyages. Tu es assis et tu ne veux qu'attendre, attendre seulement jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à attendre : que vienne la nuit, que sonnent les heures, que les jours s'en aillent, que les souvenirs s'estompent. »

Un homme qui dort s’apparente à une litanie par laquelle se formule – et se produit – l’expérience d’une triple dissolution : de l’espace, du temps et du corps ; disparition du sujet, donc, comme jouissance ou extase du vide. (Frédéric Yvan).

Il s’agit de la première émergence évidente, chez Perec, de cette obsession du manque, de la disparition.

L’œuvre a été adaptée au cinéma en 1974 et a remporté le prix Jean-Vigo.

Vendu