Histoire d'un crime, déposition d'un témoin.
Édition originale de ce réquisitoire de Victor Hugo contre le coup d’Etat de Napoléon III.
Exemplaire unique, sur Hollande, truffé de 230 lettres et documents autographes des personnages cités dans le livre,
conservé dans une belle reliure doublée de Marius Michel.
Deux forts volumes in-8, maroquin janséniste noir, dos à nerfs, double filet sur les coupes, doublures de maroquin rouge décorées d'un encadrement de filets mosaïqués de maroquin brun avec filets dorés, et de N laurés dorés aux coins, gardes de soie rouge-brun, contregarde de papier marbré, étui.
Reliure Marius Michel.
Hugo, Victor. Histoire d'un crime, déposition d'un témoin.
Paris, Calmann-Lévy, 1877-1878.
Édition originale de ce réquisitoire contre le coup d’Etat de Napoléon III.
Un des 40 exemplaires sur Hollande (non numéroté).
Exemplaire unique truffé de 230 lettres et documents autographes des personnages cités dans le livre, répertoriés dans deux tables manuscrites alphabétiques dressées à la fin de chaque volume.
"Rappel des circonstances de l'écriture d'Histoire d'un crime, écrit au lendemain du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851, et publié 25 ans plus tard, en 1877, au lendemain de la crise du 16 mai. Histoire d'un crime est la reconstitution, heure par heure, des événements qui se sont déroulés pendant les quatre jours qu'il a fallu au coup d'état pour réussir (du 2 au 5 décembre), quatre jours au cours desquels les députés de la Montagne ont tenté d'organiser une résistance armée dans les faubourgs. - nuit du 1er au 2 décembre : l'organisation du coup d'état /Le guet apens/ - 3 décembre : les barricades ; la mort de Baudin faubourg St Antoine /La Lutte / - 4 décembre ; les barricades se multiplient, et sont pratiquement toutes abattues en fin de journée /Le massacre/ - 5-6 décembre : fin du combat, recul, solitude, dernière séance du comité de résistance /La victoire / Le 11 décembre, Hugo part en exil vers Bruxelles ; le 14, il commence la rédaction d'Histoire d'un crime, et s'y consacre activement pendant quelques mois. Le 11 janvier 1852, il écrit à sa femme "Ce sera de l'histoire, et on croira lire du roman".
Le livre avance, mais Hugo écrit qu'il "ne voit pas encore urgence à l'achever". Avril : il écrit sans cesse, et l'on s'attend à la parution imminente de son "Coup d'État du 2 décembre". En mai, il interrompt la rédaction, et se consacre à celle de son pamphlet contre "Napoléon le Petit", publié en août 1852.
Hugo renonce à achever Histoire d'un crime ; qu'il ressortira de ces tiroir 25 ans plus tard, en 1877.
Le 16 mai 1877, le Maréchal Mac Mahon, président de la République, contraint le président du Conseil Jules Simon à démissionner; ses adversaires parlent de 1/2 coup d'état. Mac Mahon imposera ensuite le duc de Broglie à la présidence du Conseil, et demandera la dissolution de la chambre des députés.
Dès le 26 mai, Hugo commence à mettre en ordre son manuscrit de l'histoire du 2 décembre, se remet au travail, et donne les premiers chapitres à son imprimeur le 5 septembre.
Très sensible aux coïncidences de l'histoire, Hugo a profité de l'opportunité que lui offrait le contexte politique de 1877 pour ressortir son manuscrit et le publier deux semaines avant les élections législatives d'octobre 1877.
Le livre obtient un grand retentissement. Les ventes sont excellentes, les éditions sont écoulées sitôt sorties des presses ; plus de 100 000 exemplaires vendus en 15 jours.
Le 11 octobre, Hugo rapporte dans ses Carnets l'état des ventes: "Calmann Lévy me dit que l'Histoire d'un crime se vend à 10 000 exemplaires par jour. Il y a 70 000 exemplaires vendus à cette heure. Le tirage ne peut suffire. On n'a plus le temps de satiner le papier."
Très bel précieux et unique exemplaire, sur Hollande, truffé de 230 lettres et documents autographes des personnages cités dans le livre, conservé dans une belle reliure doublée de Marius Michel.



