Les Faicts marveilleux de Virgille

Virgile
Achevé d’imprimer le 10 juin 1831, chez Pinard.

L’un des deux exemplaires imprimés sur peau de vélin des Faictz marveilleux de Virgille somptueusement relié à l’époque en maroquin décoré doublé de maroquin de Koehler.

De la bibliothèque A. Audenet (cat. année 1839, n° 406).

Petit in-8 de (16) ff., maroquin violet, les plats couverts d’un riche décor de volutes de filets et compartiments droits et courbes semés de fleurons, feuillages azurés et points dorés, chiffre sur écusson contenu dans le médaillon central, dos orné, le titre en long, doublé de maroquin citron encadré d’une dentelle droite, non rogné. Reliure en maroquin doublé de l’époque de Koehler.

175 x 115 mm.

Virgile. Les Faicts marveilleux [sic] de Virgille. Avant dernier f. : « Cy finissent les faitz merveilleux de Virgille nouvellement imprimez à Paris par Guillaume nyuerd demourant en la rue de la iuyfrie ou a la première porte du palays ».
Achevé d’imprimer le 10 juin 1831, chez Pinard.

L’un des deux exemplaires imprimés sur peau de vélin.

Ce petit romain est une œuvre anonyme qui propose une biographie légendaire de Virgile, d’un Virgile magicien, sous la forme d’une succession de récits. La légende remonte en fait au Moyen-Âge, et s’est constituée à travers des recueils de fables, tels que le Von Virgilio dem Zauberer, conservé à la Bibliothèque de l’Université de Munich, été dont le plus ancien serait l’Otia imperialia de Gervais de Tilbury, datant du XIIIe siècle.

Les faictz merveilleux de Virgille est l’une des versions les plus riches de cette biographie fictive. Elle semble avoir servi de base aux textes ultérieurs. Les premières éditions, dont celle de Jean Trepperel et celle de Guillaume Nyverd, ne sont pas datées mais auraient vraisemblablement été publiées dans le premier quart du XVIe siècle. Il s’agit d’une publication relativement rare. En effet Brunet, dans son Manuel, en énumère cinq datant du XVIe siècle, la plus récente ayant été publiée en 1530. À ces publications s’ajoutent cette réimpression de l’édition de Guillaume Nyverd publié en 1831 chez Pinard. La réédition la plus récente serait celle de Philomneste junior, parue à Genève en 1867 et tirée à une centaine d’exemplaires.

Pour les lecteurs comme pour les philologues, la question s’est posée de savoir si le Virgile de la légende est également le poète de l’Enéide. Car le personnage historique semble bien éloigné du magicien légendaire. Pour autant, certains spécialistes sont arrivés à la conclusion qu’il s’agit bel et bien du même personnage, dont le mémorialiste flamand Jacob Van Maerlant dans son Spieghel Historiael, ainsi que Domenico Comparetti, philologue et professeur de littérature grecque à l’Université de Florence. Ce dernier a rassemblé dans son étude sur Virgile les éléments permettant de reconnaître le poète dans la légende médiévale.

Le Moyen-Âge a vu se multiplier les fables qui faisaient de Virgile un enchanteur des plus puissants, qui aurait même été le maître de Merlin. Un grand magicien donc, et aussi un prophète : en effet la quatrième églogue des Bucoliques a été interprétée comme une prophétie annonçant la naissance du Christ. Dante en fait quant à lui, rien de moins que le guide de sa descente aux enfers.

Les pouvoirs attribués à Virgile sont nombreux. Il aurait notamment fondé Naples et protégé Rome, mystifié l’empereur et le peuple, fabriqué des statues parlantes et un tonneau de vin toujours plein. Mais il avait aussi des pouvoirs de guérisseur : « Virgile avait créé à Puteoli, aujourd’hui Pouzzoles, des thermes qui pouvaient guérir toutes les maladies internes et externes. Plus tard, lorsqu’une école de médecins se monta à Salerno, les praticiens envièrent la ville de Naples et ses thermes, craignant que personne n’ait besoin de leurs conseils. Ils firent donc détruire en secret toutes les inscriptions indiquant quel bain avait des vertus contre quelle maladie ».

Les faictz merveilleux de Virgille compte une quinzaine de fables, parmi lesquels : « Comment Virgille estaignit le feu de Rome », « Comment Virgille fit un serpent d’airain » et pour finir « Comment Virgille mourut ». L’histoire commence par la légende de la fondation de Rome et de la ville de Reims. Virgile vient au monde peu après la fondation de Rome, qui tremble le jour de sa naissance. Il est le fils d’un chevalier des Ardennes, lui-même descendant de Remus, fondateur de Reims et frère de Romulus. Alors que le jeune Virgile étudie à Tolède, il apprend que sa mère a été dépossédée de ses biens. Échouant à obtenir justice auprès de l’empereur romain, c’est grâce à ses pouvoirs qu’il restaure la paix et l’héritage familial.

Cet ouvrage a d’abord été publié au XVIe siècle en français – c’est l’édition originale -, puis en anglais et enfin en néerlandais. D’autres éditions ont suivi et au XIXe siècle, le roman était devenu un livre à succès à nouveau édité et retraduit. Le texte a connu certaines variantes : des noms changent, des récits sont ajoutés ou supprimés.

Riche et très fine reliure doublée, de Koehler, d’une remarquable exécution et dont le dessin reproduit un des plus beaux modèles de reliures dites à la fanfare, dues aux Eve.

Ex-libris A. Audenet frappé dans le médaillon des plats. n° 406 du cat., vente de 1839, l’un des deux sur peau de vélin.

Vendu