La Princesse de Navarre
Très rare édition originale de La Princesse de Navarre de Voltaire.
Le plus précieux exemplaire connu imprimé spécialement sur grand papier pour les Petits appartements du roi Louis XV et de Madame de Pompadour à Versailles.
Il porte la signature autographe de Louis, figure dans le catalogue des livres des Petits Appartements, est cité par Cohen et provient des bibliothèques Daguin, Robert Hoe, Cortland Bishop et Abdy.
In-8 de xvi et 106 pp.
Maroquin citron, dentelle dorée aux petits fers avec fleurs, fleurons, feuilles, fleurs de lys encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos lisse orné et fleurdelysé, double filet or sur les coupes, roulette intérieure fleurdelysée dorée, doublure et gardes de tabis bleu, tranches dorées sur marbrure. Reliure de l’époque.
222 x 140 mm.
Voltaire. La princesse de Navarre, avec un prologue par Voltaire feste donnée par le Roy en son château de Versailles, le mardi 23 janvier 1745. (Paris), De l’imprimerie de Ballard.
Édition originale fort rare.
L’exemplaire personnel du roi Louis XV et de Madame de Pompadour, le plus précieux répertorié imprimé sur grand papier, avec la signature autographe du roi sur la garde, ses armoiries et pièces d’armes sur la reliure, décrit en 1775 dans le catalogue des livres du Cabinet du Roy à Versailles (n° 591 page 219) comme figurant dans les Petits appartements (16è armoire, tablette G) et pillé à la Révolution.
Commandée par le duc de Richelieu et représentée pour la première fois à Versailles le 23 février 1745 pour fêter le mariage du dauphin, La Princesse de Navarre, fruit d’une collaboration orageuse entre Voltaire et Rameau, fut aussi jouée à Bordeaux, le 26 novembre 1763 et Voltaire composa, à cette occasion, un nouveau Prologue. On lit dans l’“Avertissement” qui précède le prologue et le texte de Voltaire :
« Le roi a voulu donner à madame la Dauphine une fête qui ne fût pas seulement un de ces spectacles pour les yeux, tels que toutes les nations peuvent les donner, & qui passant avec l’éclat qui les accompagne, ne laissent après eux aucune trace. Il a commandé un spectacle qui pût à la fois servir d’amusement à la cour, & d’encouragement aux beaux arts, dont il sait que la culture contribue à la gloire de son royaume. M. le duc de Richelieu, premier gentilhomme de la chambre en exercice, a ordonné cette fête magnifique…
On a donc voulu que celui qui a été chargé de composer la fête, fît un de ces ouvrages dramatiques, où les divertissements en musique forment une partie du sujet, où la plaisanterie se mêle à l’héroïque, & dans lesquels on voit un mélange de l’opéra, de la comédie, & de la tragédie…
Il a choisi le lieu de la scène sur les frontières de la Castille, & il en a fixé l’époque sous le roi de France Charles Cinq, prince juste, sage & heureux, contre lequel les anglais ne purent prévaloir, qui secourut la Castille, & qui lui donna un monarque…
Ce divertissement a été exécuté le 23 février de cette année 1745, vers les six heures du soir. Le roi s’est placé au milieu de la salle, environné de la famille royale, des princes, & princesses de son sang, & des dames de la cour, qui formaient un spectacle beaucoup plus beau que tous ceux qu’on pouvait leur donner […].
Sa Majesté, satisfaite de tous les soins qu’on a pris pour lui plaire, a ordonné que ce spectacle fût représenté encore une seconde fois. »
C’est en partie grâce à La Princesse de Navarre que Voltaire sera nommé historiographe du roi en mars 1745.
Précieux exemplaire cité par Cohen (1086) relié en maroquin citron et portant un décor qui est à rapprocher de celui recouvrant l’exemplaire du duc de Richelieu, ordonnateur de la fête pour laquelle fut créée cette pièce.
Provenance : Bibliothèque personnelle du roi Louis XV et de Madame de Pompadour ; Daguin (1904, n° 586), Robert Hoe (IV-1912, n° 2629), Cortland F. Bishop (III-1938, n° 2337) et Abdy (10‑11 juin 1975, n° 345).
