Le Micromégas

Voltaire

Rarissime édition originale de premier tirage de Micromégas.
L’un des premiers récits de science-fiction.

In-12 de (1) f., 92 pp.

Maroquin janséniste rouge, dos à nerfs, titre et date dorés au dos, double filet or sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches jaspées. Reliure signée Huser.

142 x 83 mm.

Voltaire. Le Micromegas de Mr de Voltaire.

A Londres (1752).

Edition originale de premier tirage, rarissime, avant les cartons aux pages 70 et 83, conforme à l’exemplaire de la B.n.F. décrit par Jules Le Petit

Bengesco, 1429 ; Le Petit, 545 ; L’œuvre imprimé de Voltaire à la B.N.F, n°2902.

Selon les bibliographes, cette édition originale fut imprimée en mars 1752 avec un titre et 92 pages et la seconde édition (1 f. de titre et 257 pages contenant « Le Micromegas avec une histoire des Croisades et un nouveau plan de l’esprit humain ») paraissait en mai-juin 1752.

« Le titre est entièrement gravé. Quoiqu’il ne porte pas de date, on sait que ce volume parut en 1752. Le titre fut tiré à part sur un feuillet de papier plus fort.

Nous avons trouvé dans un des exemplaires de la Bibliothèque nationale, coté Y2 (Réserve), lequel est broché et recouvert encore de son papier jaune original, deux feuillets en double, paginés 69-70, et 83-84. Le texte de ces feuillets, qui sont des cartons destinés à remplacer les feuillets primitifs au moment de la reliure, présente les modifications suivantes : page 70, on lisait d’abord «… Ils conclurent que ce qu’ils voyoient étoit en effet un beau jeune… de cent vingt mille pieds de Roy » (cas du présent exemplaire).

Dans le texte cartonné on lit : « … un beau jeune homme de cent vingt mille pieds de Roy ».

Page 83, texte primitif : « … Il cita le passage. Je n’entends pas trop bien le Grec, dit le Géant. Ni moi non plus, dit le mite philosophique. » (cas du présent exemplaire). Et dans le texte cartonné : « … Il voulut citer le passage ; ce n’est pas la peine, dit le Géant, je n’entends pas trop bien le Grec. Ni moi non plus, dit la mite philosophique » (Jules Le Petit).

Dans Micromégas, l’esprit mordant de Voltaire, inégalable dans l’art de dissocier tout un système au moyen d’une anecdote, cet esprit rusé et malicieux, qui sait se déguiser sous un masque d’ingénuité et d’innocence, s’exprime comme toujours dans un style d’une parfaite pureté. On voit s’affirmer ici, chez l’écrivain ami des Lumières et du progrès, la vision désolée d’une humanité ignorante et sotte, infiniment petite et démesurément orgueilleuse.

Voltaire imagine que Micromégas, un habitant de la planète Sirius, aux propositions gigantesques, a été condamné à ne pas se présenter à la Cour pendant de longues années à la suite de la publication d’un de ses livres. Il entreprend un voyage sur la planète Saturne et y fait connaissance avec l’un de ses habitants, un nain en comparaison de ceux de Sirius, dans lequel on reconnaît une représentation caricaturale de Fontenelle, l’auteur des célèbres Entretiens sur la pluralité des mondes, qui s’était allié aux ennemis de Voltaire. En s’entretenant des sujets les plus divers, les deux voyageurs arrivent sur notre globe sans même s’apercevoir de l’existence de ses habitants, dont les proportions sont si réduites qu’elles échappent à leurs sens. L’auteur se livre à une critique satirique de l’aristotélisme, ainsi que des systèmes de Descartes, de Malebranche et de Leibniz.

La véritable édition originale, en premier tirage, de Micromégas est rarissime.

Précieux exemplaire de l’édition originale de cette œuvre majeure de Voltaire.

Vendu