Pindare

Yourcenar, Marguerite
Paris, Grasset, 1932

Edition originale du premier essai de Marguerite Yourcenar consacré à Pindare.

L'un des rares exemplaires sur grand papier, conservé broché, tel que paru.

In-8 de 289 pp., (3) ff., exemplaire broché, partiellement non coupé, couverture illustrée.

210 x 134 mm.

L'un des rares 21 exemplaires imprimés sur vélin pur fil Lafuma (seul grand papier).

Yourcenar, Marguerite. Pindare. Paris, Grasset, 1932.

Édition originale.

Écrit en 1926 à l'âge de vingt-trois ans, c'est le premier essai publié de Marguerite Yourcenar.
Dans cette étude biographique du poète lyrique grec, qu'elle considérait supérieur à Virgile et Ronsard, l'auteure confiait que "la poésie grecque est d'une richesse de moyens qui n'eut d'équivalent dans aucune langue : elle contient toutes les symphonies possibles".
Pindare est né à Thèbes vers -522 dans une famille aristocratique. Il fut le contemporain d’Eschyle et le témoin du triomphe des Grecs contre les Mèdes. Bien que le clan oligarchique auquel il appartenait ait pactisé avec l’ennemi, il ne fut pas inquiété de son vivant. L’aigle, auquel il s’identifiait en tant que poète, planait au-dessus des intrigues de la guerre et de la politique. « Pindare, écrit Marguerite Yourcenar, réalise le type fort rare du grand artiste solidement établi dans la société de son temps, considéré pour sa race et son rang social en même temps que glorieux dans son œuvre. Heureux jusqu’au bout, on assure qu’il mourut octogénaire sur les gradins du théâtre d’Argos, au cours d’une représentation théâtrale, la tête appuyée sur l’épaule de son jeune ami Théoxène, pour qui il venait de composer un admirable Éloge amoureux ».

« N’aspire pas, ô mon âme, à la vie éternelle, mais épuise le champ du possible. »
C’est sans doute par ce passage de la troisième Phytique, cité notamment par Albert Camus et Paul Valéry que Pindare est le plus connu aujourd’hui.
« Il lui arrive plus d’une fois, note Marguerite Yourcenar, d’insister sur la survie des âmes récompensées ou punies selon leurs mérites ou leurs démérites terrestres, vue alors relativement neuve et qui nous éloigne de la condition lugubre et indifférenciée des morts dans l’Hadès d’Homère. »

« Le mot, écrit Pindare dans le poème destiné à Timasarque, le jeune Éginète, « vit plus longtemps que l’exploit quand, par une faveur due aux Charites, notre langue le tire des profondeurs de notre cœur » » (L’Agora).

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