Heures à l'usage d'Angers
Précieux manuscrit enluminé Rouennais, œuvre du Maître du Missel de Raoul du Fou et de Robert Boyvin, orné de 11 grandes peintures et 11 miniatures.
In-8, parchemin, II + 101 +II ;
Justification du calendrier : 96 x 62 mm. 16 longues lignes.
Justification du texte : 100 x 62 mm. 22 longues lignes, lacunes d’une miniature la Tentation d’Eve face à l’Annonciation, de laudes la Visitation entre les ff. 27-28, lacune des heures de la croix et du saint Esprit entre les ff. 32-33.
Ecriture bâtarde à l’encre noire. Reliure en cuir XIXe siècle.
175 x 115 mm.
Manuscrit enluminé rouennais œuvre de Robert Boyvin actif entre 1487 et 1503 et du maître du Missel de Raoul du Fou, actif à la fin du XVIe siècle.
Heures à l’usage d’Angers.
Rouen, vers 1485-1495.
Texte
Ff. 1-12v Calendrier
Ff. 13-16v Péricopes des 4 évangiles
Ff. 16v-19v Obsecro te, O Intemerata
Ff. 20- 53v Heures de la Vierge à l’usage d’Angers
Ff. 54-66 Psaumes de la pénitence suivis des litanies
Ff. 66v-88v Office des morts à l’usage d’Angers
Ff. 89- 94v Prières et les 15 joyes Notre-Dame
Ff. 95-101v Suffrages de saint Michel, de saint Jean apôtre et évangéliste...
Beau manuscrit enluminé rouennais orné dans les Heures de 11 grandes peintures insérées dans de riches bordures et de 24 miniatures illustrant les occupations des mois et les signes du zodiaque dans le calendrier.
Belles bordures sur fond d’or ornées d’acanthes blanches, rouges et bleues avec des oiseaux et des êtres hybrides.
Grandes initiales sur fond d’or avec des acanthes blanches sur un fond rouge. Petites initiales peintes en or sur fond bleu et rouge.
« Les feuillets 13, 20, 26, 40, 43, 49, 89 de ce manuscrit sont attribuables d'après ses compositions et son style à l'enlumineur rouennais Robert Boyvin. On reconnaît ses paysages lisses avec de belles collines bleutées. Robert Boyvin est un enlumineur rouennais bien documenté. Il occupe une échoppe au portail des libraires de 1487 à 1502.
Le présent livre d'heures appartient au groupe Ia (I. Delaunay, « Le manuscrit enluminés à Rouen au temps du cardinal Georges d’Amboise : l’œuvre de Robert Boyvin et de Jean Serpin », Annales de Normandie, 45e année n°3, septembre 1995, pp. 211-244). Le nombre de feuillet tourne autour de 100, le nombre de lignes varie de 16 à 20. Le style de Robert Boyvin se définit ici par des personnages maigres, des auréoles pleines, des plis peu travaillés, des murs intérieurs gris, ouvert de petites fenêtre, un carrelage d’un vert uniforme. Les femmes et les anges adoptent un air pincé. Ce livre d’heures d’après son usage d’Angers semble provenir d’une commande. Il est particulièrement proche des Heures à l’usage de Sarum, dites Playfair ff. 18, 144v et 150 que l’on peut situer parmi ses premières œuvres.
Dans ses premières œuvres, il suit les compositions du Maître de l’échevinage de Rouen. »
Le calendrier, les ff. 45v, 50v, 54 et 66v reviennent à un enlumineur que j’ai nommé le Maître de Raoul du Fou. Cet artiste se réfère également au Maître de l’Echevinage de Rouen pour ses compositions. Tous les visages sont de forme triangulaire comme aplati. Les yeux sont très marqués e forme d’amende, les pupilles dirigées vers le sol, ce qui leur donne un regard triste et pesant. La Vierge est très reconnaissable car l’enlumineur utilise un prototype unique : elle est agenouillée sur le sol, un pan de son manteau retombe à la verticale pour s’étaler en pointe au premier plan. On reconnaît cette figure dans plusieurs de ses œuvres.
Un manuscrit enluminé de fort belle facture orné de 11 grandes peintures et 11 miniatures dues au talent du Maître du Missel de Raoul du Fou et à Robert Boyvin.
Provenance : réalisé sur commande d’après son usage particulier pour une dame du diocèse d’Angers représentée au f. 89.
Ce manuscrit fut acquis en 1811 par le général baron de Vincent, d’origine autrichienne qui descendait d’une très ancienne famille italienne du nom de Vincenti et qui habitait à Bioncourt (Moselle). Le baron de Vincent a fait soigneusement enluminés dans les marges des blasons de ses ascendants en ligne directe depuis 1218 jusqu’à lui-même en 1810 ainsi que des familles de leurs femmes.



