Heures Nouvelles dédiées à Madame la Dauphine

Senault, Louis
Paris, chez l’auteur, et à Versailles chez Duval (vers 1680).
Prix : 15 000 €

Édition originale et premier tirage des Heures entièrement gravées de Senault somptueusement reliées en maroquin rouge aux armes de la Comtesse de Barry.

Provenance : Madame du Barry (1743-1793) ; E. Daguin (Avril 1905, n° 1139) ; Marlborough (1984).

In-8 de (2) ff. et 261 pp. de texte encadré (mal chif. 260).
Maroquin rouge, fine dentelle florale encadrant les plats, dos à nerfs finement orné, coupes décorées, roulette intérieure, tranches dorées, armoiries de Madame du Barry frappées or sur les plats. Reliure de l’époque.

181 x 124 mm.

Senault, Louis. Heures Nouvelles dédiées à Madame la Dauphine.
Paris, chez l’auteur, et à Versailles chez Duval (vers 1680).

Édition originale et premier tirage de ce chef-d’œuvre du Siècle de Louis XIV entièrement gravé. Célèbre ouvrage dessiné et gravé par Senault qui inaugure une nouvelle forme du livre d’heures.

On le considère comme un chef-d’œuvre de la calligraphie et son succès fut si grand qu’on le vendait encore vers 1750.

Toutes les pages sont ornées de lettres en grisaille, bandeaux, culs-de-lampe, où la perfection de la gravure rivalise avec l’élégance et l’ingéniosité du dessin.

Le premier tirage se caractérise par une figure aux seins découverts (p. 210). Jugée choquante, la figure a été couverte dans le second tirage.

On ne connaît que très peu d’exemplaires du premier tirage, comportant la figure découverte, la dédicace au second feuillet et la prière pour la Dauphine, Marie-Christine de Bavière.

The most elaborately decorated issue of Senault’s prayer book, and one of the most celebrated calligraphie books of the period, deriving in style from the manuscripts executed by Nicolas Jarry.

Précieux exemplaire relié en maroquin de l’époque sur lequel on appose les armoiries de laComtesse de Barry au moment où le volume lui fut offert.

L’amant de Madame du Barry, le marquis Jean du Barry, pensa qu’il pourrait tirer parti des charmes de sa maîtresse, il conçut le dessein de lui faire obtenir l’emploi de courtisane en titre, laissé vacant par la mort de la Pompadour et que briguaient alors de « haultes et honnestes dames ». Mais il fallait la présenter à la cour de Louis XV, et pour la présenter, un nom. Jean du Barry, chevalier de haute école, ne se rebuta pas pour si peu. Il imagina de faire épouser Jeanne par son frère Guillaume, comte du Barry, qui se prêta, du reste, à la cérémonie avec une docilité tout antique. Le tour fait, la présentation eut lieu. Louis XV fut aussitôt subjugué par les grâces de la nouvelle beauté, et récompensa noblement, comme on peut le croire, les deux nobles entremetteurs. Accusée de conspirer avec les émigrés, la Du Barry fut condamnée par le tribunal révolutionnaire, et exécutée le 8 décembre 1793. La dernière favorite de Louis XV avait une bibliothèque composée de 1 068 volumes, tous habilement reliés en maroquin rouge, dorés sur tranche, et frappés aux armes ci-dessus. Ces volumes sont fort recherchés des amateurs, soit à cause de la provenance, soit à cause de la beauté et de l’élégance de la reliure. La Du Barry, quoique fort belle, n’était guère en état de former, seule, une Bibliothèque, elle qui ne pouvait pas écrire un mot sans faire une faute d’orthographe : son libraire s’en chargea. On y remarqua d’abord de bons ouvrages d’histoire, de littérature et même de morale, puis ensuite de productions plus légères, que son fournisseur y fit entrer sans doute pour distraire les instants du monarque blasé. Louis XV, dit-on, parut enchanté du goût littéraire de sa nouvelle maîtresse, et lorsque sa collection arriva au château de Versailles, il s’écria : « La marquise de Pompadour avait plus de livres que la comtesse, mais ils n’étaient pas si bien reliés, ni si bien choisis ; aussi nous la nommerons bibliothécaire de Versailles. »

Grâce à cette Bibliothèque, dit M. Paul Lacroix, Mme Du Barry put se perfectionner dans la lecture, mais elle ne réussit point à corriger l’orthographe de ses pères.

Les exemplaires de tout premier tirage sont rares et rarissimes en reliure armoriée.

En mai 2003, un exemplaire en reliure doublée de l’époque, non armorié, fut vendu 25 000 €.

Provenances : Madame du Barry (1743-1793) ; E. Daguin (1905) ; Marlborough.