Les Voyages de plusieurs endroits de France

Estienne, Charles
Lyon, Benoist Rigaut & Jean Saugrain, 1558.
Prix : 18 000 €

« L'objet de ce Guide était en effet d'énumérer les principaux itinéraires, les villes ou hameaux qui les jalonnaient, les distances entre ces relais, les passages dangereux, les rivières à passer en bac, les forêts, les montagnes à gravir, les aspects du paysage à traverser, les curiosités historiques, les monuments, les productions locales, etc. »

Petit in-8 de 120 pp, maroquin janséniste brun, tranches dorées. Reliure début XXe siècle.

115 x 71 mm.

Estienne, Charles. Les Voyages de plusieurs endroits de France : & encores de la Terre Sainte, d’Espagne, d’Italie & autres pays. Les fleuves du Royaume de France.
Lyon, Benoist Rigaut & Jean Saugrain, 1558.

Rarissime édition, parue 6 ans après l’originale des Voyages de plusieurs endroits de France, des Fleuves du royaume publiée par Charles Estienne en complément de son Guide des chemins de France.

Cette édition est si rare qu’elle a échappé à Brunet.

Les 47 premières pages décrivent les itinéraires menant aux principaux lieux de pèlerinage français.
Les pages 47 à 49 décrivent la route de Paris à Rome, Saint Jacques de Compostelle, Jérusalem, Constantinople.
Les pages 80 à 115 présentent près de 180 fleuves et rivières du royaume de France.

« Charles Estienne avait rencontré certains des humanistes dans le célèbre atelier d'imprimeur de son père Henri Ier Estienne. Il s'était initié à leur contact à des recherches érudites, en particulier dans les domaines des sciences naturelles et du théâtre, et avait obtenu, en 1542, le titre de docteur en médecine. Pour sauver l'héritage de ses neveux, dont le père - huguenot - s'exila à Genève, il accepta pour son malheur, de devenir imprimeur lui-même. Pendant dix années, il imprima vingt-huit ouvrages, dont la Guide des chemins de France et « Les Voyages de France ». Couvert de dettes, rejeté pour les auteurs et par ses confrères libraires, il mourut dans l'obscurité sans que ses qualités de précurseur aient été reconnues.
L'idée d'un recueil collectif d'itinéraires était en l'occurrence à la fois nouvelle et ambitieuse. L'objet de ces deux Guides était en effet d'énumérer les principaux itinéraires, les villes ou hameaux qui les jalonnaient, les distances entre ces relais, les passages dangereux, les rivières à passer en bac, les forêts, les montagnes à gravir, les aspects du paysage à traverser, les curiosités historiques, les monuments, les productions locales, etc. Estienne dut donc se livrer à une immense collecte de renseignements qu'il ne put naturellement pas vérifier personnellement, ce qui explique que l'ouvrage fut publié sans nom d'auteur De ses interlocuteurs dans les milieux commerçants, il obtint les calendriers des foires et des marchés les tableaux de conversion des monnaies et des détails sur la qualité des auberges ; de ses lectures - en particulier les almanachs - il retint des anecdotes, des rappels historiques mythiques ou réels ; à ses interlocuteurs plus savants, il emprunta quelques informations, plus rares, sur les vestiges de l'antiquité. »

Plus qu’un manuel de voyage, ces deux volumes se révélèrent être une véritable encyclopédie des provinces françaises.

« Les éditions de la guide et des voyages de France traduisent leur succès : vingt-huit pour la Guide entre 1552 et 1668, sans compter les copies et les contrefaçons qui se multiplièrent dès l'origine. Ce grand nombre d'impressions s'usa sans doute dans les poches des voyageurs : les éditions de la Guide sont aujourd'hui fort rares et une cinquantaine d'exemplaires environ ont survécu, dont cinq seulement pour la première et la deuxième édition » (Mireille Pastoureau).

Exemplaire en fort bel état de conservation, relié en maroquin janséniste brun.