Voyage de Siam
Edition originale recherchée du Voyage de Siam de Tachard illustrée de 20 estampes et 7 vignettes.
Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque aux armes de Manuel Pinto da Fonseca, grand maître de l’ordre de Malte.
In-4 de (8) ff., 424 pp., (4) ff., 20 planches.
Veau moucheté, triple filet or encadrant les plats, armoiries frappées or au centre, dos à nerfs orné de chiffres couronnés et motifs dorés, pièce de titre en maroquin rouge, tranches mouchetées.
Reliure de l’époque.
229 X 170 mm.
Tachard, Guy. Voyage de Siam, des pères jésuites, Envoyez par le Roy aux Indes & à la Chine. Avec leurs observations Astronomiques, Et leurs Remarques de Physique, de Géographie, d’Hydrographie, & d’Histoire.
Paris, Arnould Seneuze et Daniel Horthemels, 1686.
Edition originale recherchée de cet important ouvrage sur la Thaïlande au temps de Louis XIV.
Cordier Indosinica, I, c947 ; Brunet, V, 632 ; Boucher de La Richarderie, V, 99-100 ; Cioranescu XVII, III, 63975.
Le roi diligenta lui-même cette mission au Siam, à la suite de la visite d’ambassadeurs siamois soucieux d’établir des liens commerciaux et politiques avec la France.
Le Père Guy tachard accompagnait l’ambassade du chevalier de Chaumont avec six autres jésuites
En 1680, la France obtint le monopole du commerce d’épices au Siam. Suite à la visite à Versailles du père Bénigne Vachet, prêtre des Missions Étrangères de Paris, et convaincu de ce que le roi du Siam Phra Naï (Narai) pouvait être converti au catholicisme, le roi Louis XIV décida en 1685 d'envoyer une ambassade au Siam, dirigée par le chevalier Alexandre de Chaumont. Avec l'aide du père La Chaise, confesseur du roi, les jésuites français purent adjoindre à l'expédition six jésuites mathématiciens qui devaient ensuite rejoindre la Chine, et recueillir sur ce pays toutes les observations utiles au commerce, à la politique, aux sciences et à la religion. Le supérieur de ces six jésuites mathématiciens était le père Tachard, originaire d'Angoulême. L'abbé de Choisy participait également à ce voyage en tant qu'historiographe. Il reçut le sacerdoce au Siam.
Ils arrivèrent en septembre 1685 à Lopburi, où le roi les reçut avec les plus grands honneurs. Le père Tachard, désigné pour aller chercher des missionnaires en Europe, rembarqua avec M. de Chaumont et une ambassade siamoise envoyée auprès de Louis XIV par Phra Naï sur les conseils de son principal ministre.
Né en 1651 à Marthon, près d'Angoulême, le père Tachard, outre un excellent mathématicien, s'avère être un grand voyageur. Dès 1680, on le trouve aux Antilles avec d'Estrée. Lorsqu'il s'embarque avec le Chevalier de Chaumont en 1685, il accomplit son premier voyage en Orient, voyage qui sera suivi de quatre autres.
Parmi les six jésuites envoyés en Chine, le père Tachard est le seul à revenir en France avec le chevalier de Chaumont. A cela, une raison officielle : le roi Naraï souhaite installer un observatoire à Louvo, il a besoin de mathématiciens et d'astronomes et il charge le jésuite d'aller en recruter pour lui en France, mais aussi une raison officieuse : convaincre Louis XIV d'envoyer de nouvelles ambassades ainsi que des troupes au Siam. Le père Tachard est l'instrument idéal entre les mains du Grec du Phaulkon. Ce dernier n'apprécie guère le chevalier de Chaumont et ne peut raisonnablement compter sur lui pour défendre ses projets auprès du roi de France. Le jésuite s'avère vite être le messager idéal. C'est lui qui évoquera les splendeurs que Phaulkon a soin d'étaler sous ses yeux, c'est lui qui fera miroiter auprès de Louis XIV les avantages d'une alliance avec le Siam.
De retour à Paris, le père Tachard joue à merveille le rôle que Phaulkon attendait de lui. Il devient l'interlocuteur privilégié du marquis de Seignelay, ministre de la marine, pour tout ce qui touche aux affaires de Siam. Il est le principal artisan de l'ambassade suivante, dont il fera partie.
Il retourna au Siam en 1687 puis servit d’interprète aux mandarins siamois près de Louis XIV en 1688 et à la Cour de Rome en 1689. Cette première relation abonde en détails pittoresques et précis sur les mœurs et coutumes, la faune et la flore du Siam.
« Les observations scientifiques relatées sont exactes » (Hoefer).
L’ouvrage est orné en premier tirage de 7 belles vignettes par Sevin, décrivant la réception par Louis XIV des ambassadeurs siamois, la séance de l'Académie royale où fut décidée la mission, les parades navales, une ville du Siam, une place et des obélisques au Siam, l'observation par le Roi des astres au Siam et de 20 grandes estampes, dont 10 sur double page évoquant les contrées explorées notamment le Cap de Bonne Espérance et le port de Batavia, les indigènes Hottentots et Namaquas, les navires royaux, les mandarins, la faune et la flore (rhinocéros, éléphant, caméléon, thé, ginseng...).
Toutes ces gravures sont signées d’après Sévin, De Cornelis Vermeulen, de l'école flamande, maître en 1682 et graveur depuis cette date à Paris dans l'atelier d’Edelinck.
Précieux exemplaire conservé dans sa reliure de l’époque aux armes de Manuel Pinto da Fonseca (1681-1773), grand maître de l’ordre de Malte.
Son long magistère fut marqué par le complot du bacha en 1749, conjuration des esclaves musulmans de l'île visant à tuer le grand maître et à prendre le pouvoir pour le compte de l'empire ottoman et par l'affaire de la Couronne ottomane, navire amiral turc, capturé par ses esclaves chrétiens après une mutinerie et offert à l'Ordre. L'affaire entraîna un tutorat de plus en plus contraignant de la France sur la politique étrangère de l'Ordre. (Guigard, 167).





