Mémoires dressez pour le Roy tres Chrestien et l'Eglise Gallicane

Cappel, Jacques
Prix : 75 000 €

Le manuscrit original sur peau de vélin défendant les droits du roi François Ier contre les empiètements du Pape Léon X, 
calligraphié, enluminé et offert au roi de France.

Manuscrit original complet. In-folio de 110 pages calligraphiées sur peau de velin, réglé à l’encre rouge, divisé en quatre parties, chacune ornée en tête d’une grande initiale sur fond or prolongée d’une guirlande florale en rouge, vert et or et du titre calligraphié en lettres d’or sur fond azur dans un cadre plein or. De nombreuses capitales calligraphiées rehaussées de jaune décorent le manuscrit et notamment la quatrième partie.

Maroquin vert, cadre de filets dorés autour des plats, dos à nerfs orné, tranches dorées.

Reliure du XVIIe siècle.

300 x 200 mm.

[François Ier - Léon X.] Cappel, Jacques. Mémoires dressez pour le Roy tres-Chrestien & l’Eglise Gallicane, par Maistre Jacques Capel Conseiller & Avocat du Roy au Parlement de Paris.

Paris.

Jacques Cappel s’efforce ici, avec succès, de plaider en faveur du roi de France et de l’Eglise Gallicane contre les empiètements de l’église romaine et du Pape Léon X.

« L’Eglise gallicane s’est mieux défendue que les autres du relâchement de la discipline introduite depuis quatre ou cinq cents ans, et a résisté avec plus de force aux entreprises de la cour de Rome. La théologie a été enseignée plus purement dans l’Université de Paris que partout ailleurs ; les Italiens mêmes y venaient étudier, et la principale ressource de l’Eglise contre le grand schisme d’Avignon s’est trouvée dans cette école. Les rois de France, depuis Clovis, ont été chrétiens catholiques et plusieurs très-zélés pour la religion. Leur puissance, qui est la plus ancienne et la plus ferme de la chrétienté, les a mis en état de mieux protéger l’Eglise. L’Eglise gallicane avait des vertus et des droits qu’il importait de conserver ; mais derrière les libertés de l’Eglise gallicane, il y avait la royauté de François Ier ».

En 1438, le clergé de France réuni à Bourges fait sien le décret Sacrosancta, établit que le roi de France ne sera soumis sur le plan politique à aucune autorité supérieure, supprime les impôts pontificaux et limite la procédure d'appel en Cour de Rome : c'est la pragmatique sanction de Bourges.

Le roi devient pratiquement le maître de l'Église de France.

La pragmatique sanction ayant été promulguée sans l'avis de la papauté, le roi François Ier négocie, en 1516 à Bologne, le concordat qui va régir l'Église de France jusqu'à la Révolution. S’il entérine l'abandon au roi de la nomination des chefs de l'Église nationale, la théorie conciliaire est pour sa part abandonnée, à la grande satisfaction du pape. C'est donc un gallicanisme politique plus que dogmatique qui s'établit en France en ce début du XVIe siècle.

Jacques Cappel fils de Gervais, & petit-fils de Denys, fut fait docteur en droit à Poitiers l’an 1520, & avocat du roi au parlement de Paris sous François Ier, le 4 février 1534. En 1537, il fit un plaidoyer en faveur de François Ier contre l’empereur Charles V tendant à priver ce prince des comtés de Flandres, d’Artois & de Charollois. Ce plaidoyer a été imprimé chez Charles l’Angelier en 1561, selon la Croix du Maine. On a encore de lui d’autres plaidoyers & quelques autres écrits latins.

L’on trouve le texte de ce manuscrit royal occupant les pages 23 à 70 des Traictez de l’église Gallicane imprimés à Paris chez Pierre Chevalier en 1612.

Précieux et beau manuscrit royal calligraphié vers l’année 1517 sur peau de vélin, le recto du premier feuillet illustrant la destination au roi François Ier par sa superbe décoration de douze grandes fleurs de lys enluminées sur fond or avec rehaut de fleurs vertes, blanches et rouges, le tout sur un fond bleu semé de petites fleurs de lys plein or.