Inventaire des pièces d'artillerie de toutes sortes de calibres, pouldres, boulletz et armes
Manuscrit original, complet en 48 feuillets, calligraphié et relié en vélin doré de l’époque pour Sully (1559-1641), surintendant des finances,
grand maître de l’artillerie et ami personnel d’Henri IV.
Ce manuscrit orignal vient d’être numérisé par la B.n.F. et est consultable sur « Gallica intra-muros ».
In-folio de (48) ff.
Vélin doré, triple filet doré en encadrement sur les plats, armes et emblèmes dorés au centre, dos lisse orné à petits fers, tranches dorées. Reliure de l’époque.
351 x 220 mm.
Sully, Maximilien de Bethune duc de. (1559-1641). Inventaire des pièces d’artillerie de toutes sortes de calibres, pouldres, boulletz et armes qui estoient dans l’arsenal et magasin du Roy à Paris ez années [1610] et [1611], ensemble ce qui en a esté tiré, baillé et distribué par le commandement pour service de Sa Majesté, et ce qui reste à présent dans ledit magasin.
Paris, 1610-1618.
Manuscrit original de l’« Inventaire des pièces d’artillerie » qui estoient dans l’arsenal royal en 1610 et 1611 relié pour Maximilien de Béthune, duc de Sully, grand‑maître de l’artillerie de France de 1599 à 1611 qui transmit cette charge à son fils.
Ce précieux manuscrit décrit l’« Inventaire des pièces d’artillerie de toutes sortes de calibres, pouldres, boulletz et armes qui estoient dans l’arsenal et magasin du Roy à Paris ez années [1610] et [1611], ensemble ce qui en a esté tiré, baillé et distribué par le commandement pour service de Sa Majesté, et ce qui reste à présent dans ledit magasin. »
Sully, l’un des plus illustres ministres que la France ait produits, est né à Rosny le 13 décembre 1560. Son père, François de Béthune, le conduisit à l’âge de douze ans à Paris et la présenta au roi de Navarre avant le massacre de la Saint-Barthélemy. Pendant cette nuit terrible, il fut forcé de s’échapper de la maison qu’il habitait, eut la présence d’esprit d’emporter un livre d’heures, qui trompa les assassins sur sa religion, et put échapper aux égorgements et se réfugier au collège de Bourgogne. Attaché à la personne de Henri de Navarre, il le suivit lorsqu’il s’échappa de la cour, l’accompagna dans toutes les guerres civiles et lui donna des preuves réitérées d’un dévouement inaltérable. Il s’établit entre eux, malgré la différence des rangs, une espèce de fraternité d’armes, de compagnonnage militaire, si l’on peut parler ainsi, qui a rendu son nom inséparable de celui de Henri IV. De 1576 à 1594, Rosny (il porta longtemps le nom du lieu de sa naissance) combattit vaillamment dans la plupart des escarmouches, sièges et batailles et fut plusieurs fois blessé.
Quoique protestant rigide, Sully fut un des premiers à conseiller à Henri IV de céder à la nécessité et d’embrasser le catholicisme. Chargé par lui de négociations importantes, notamment de détacher la Normandie de la Ligue, il s’en acquitta de manière à mériter la confiance absolue de son maître, qui cependant le négligea longtemps et ne l’appela à la tête du conseil des finances qu’en 1595. Depuis une année il en était membre, mais sans pouvoir réel. C’est surtout dans ce poste important qu’il fit éclater les talents administratifs qui lui ont assuré le premier rang parmi les grands ministres de notre histoire.
Jamais un ministre habile et patriote n’avait été plus nécessaire à la France. Les produits de l’impôt étaient engagés pour plusieurs années à l’avance, le Trésor était vide, la dette de l’État était énorme, l’agriculture et le commerce avaient été ruinés par les guerres civiles. Rosny apporta dans l’administration des finances publiques l’exactitude et la sévère économie qui présidait à ses propres affaires. En arrivant au conseil, il avait fait dresser un état des deniers qui sortent de la bourse des sujets du roy pour toutes sortes de dépenses.
Et le présent état ou inventaire des pièces d’artillerie s’inscrit dans cette politique exigeant une connaissance précise et détaillée des affaires royales.
Après le meurtre de Henri IV (1610), il conserva peu de temps le pouvoir, ne voulant point ployer devant le favori Concini.
Précieux et rarissime volume relié en vélin doré de l’époque aux armes et emblème de Maximilien Ier de Béthune, duc de Sully.
« Henri IV, qu’il avait longtemps servi de son épée, le nomma successivement conseiller d’État et des finances en 1594, surintendant des bâtiments et fortifications, chambellan, grand voyer de France en 1597, surintendant des finances en 1598, grand maître de l’artillerie le 13 novembre 1599, gouverneur de la Bastille en 1602 ambassadeur en Angleterre et gouverneur du Poitou le 16 décembre 1603 ; de plus, il érigea sa baronnie de Sully-sur-Loire en duché-pairie en février 1606. Sully était mêlé à toutes les affaires aussi bien intérieures qu’extérieures et souvent même à celles de la vie privée d’Henri IV, dont il était l’ami personnel. Il mourut le 22 décembre 1641, laissant des Mémoires très importants pour l’histoire d’Henri IV et les "Œconomies royales" » (Olivier, pl. 441).



