More, Thomas. Gueudeville, Nicolas. L’Utopie, 1715.

 

Edition originale de la traduction de l’Utopie de Thomas More par Nicolas Gueudeville, « le soldat inconnu des Lumières »,
parue à la mort du roi Louis XIV.
« Gueudeville fait de sa traduction de l’Utopie une critique sous-jacente de la France de Louis XIV » (D. Masseau).
Superbe exemplaire conservé dans son très beau maroquin rouge de l’époque.
Des bibliothèques W. Beckford et Edouard Rahir, avec ex-libris.


 More, Thomas. Gueudeville, Nicolas. L’Utopie de Thomas Morus, Chancelier d’Angleterre ; Idée ingénieuse pour remédier au malheur des Hommes ; & pour leur procurer une félicité complette. Cet ouvrage contient le plan d’une République dont les Lois, les Usages, & les Coutumes tendent uniquement à faire faire aux Societez Humaines le passage de la Vie ans toute la douceur imaginable. République, qui deviendra infailliblement réelle, dès que les Mortels se conduiront par la Raison.
Leide, Pierre Vander, 1715.

               In-12 de (1) f. pour le frontispice, (74) ff., 372 pp. et 16 figures comprises dans la pagination, 48 pp. de catalogue.
Plein maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné de double filet et fleurons dorés, pièce de titre en maroquin vert, coupes ornées,
roulette intérieure dorée, tranches dorées.
Reliure de l’époque.

             157 X 94 mm.

 

Edition originale de la traduction de l’Utopie de Thomas More par Nicolas Gueudeville, « le soldat inconnu des Lumières ».
Parue l’année de la mort du roi Louis XIV, le texte de Nicolas Gueudeville est une critique de l’absolutisme de Louis XIV.

Elle est ornée d’un beau titre gravé, de vignettes et de 16 jolies figures a pleine page de Bleyswick.
Cohen, 740 ; Catalogue Edouard Rahir, III, n°863 ; Bulletin Morgand et Fatout, n°1877.

Exemplaire bien complet des 16 figures dont celle de « l’Etalage viril » qui manque souvent.

« A man and a woman in state of nature approving each other before marriage » (Gibson).

Il comporte à la fin 50 pages de catalogue de livres et cartes géographiques vendus chez Pierre Van der Aa.

« Quant à la traduction de l’Utopie de Thomas More, elle paraît en 1715 à Leyde. Comme Gueudeville le souligne dans sa préface, il n’a pas réalisé une traduction à la lettre, mais il estime par contre ne jamais avoir trahi les idées de l’auteur » (Moreana, Vol 43, n°172, p.152).

« Malheureusement les traductions françaises de cet ouvrage sont extrêmement rares ; elles n’existent que dans un petit nombre de bibliothèques privées  en sorte que le public ne connaît l’Utopie que de nom. L’Utopie n’est pas un livre usé ; c’est un livre encore tout neuf au sein de notre civilisation. Envisagée comme système d’organisation sociale, c’est une mine féconde où semblent avoir puisé tous les réformateurs modernes » (L’Utopie de Thomas Morus, Paris, Paulin, 1842, traduction par V. Stouvenel).

« Among the works of Thomas More we find a thin book of very heavy ideas, called Utopia. As a classic work in Western literature, Utopia was in many ways an innovative contribution to political thought. Though already Plato had described his ideal society, More used the aura of exploration that filled the 16th century to create one of history’s most fascinating images of how human affairs could be organized. »

(M. Bodden, Thomas More, Utopia and the vision of Ideal Life, p.7).

Grand ami d’Érasme, érudit, philanthrope, Thomas More participa pleinement au renouveau de la pensée qui caractérise pleinement l’époque de la Renaissance ainsi qu’à l’humanisme dont il fut le plus illustre représentant anglais.

Thomas more naquit à Londres en 1480, d’un des juges du banc du roi. La science et la vertu eurent beaucoup d’attrait pour lui, et il cultiva l’une et l’autre avec succès. Henri VIII, roi d’Angleterre, se servit de lui dans plusieurs ambassades. La sagacité et les talents de More brillèrent surtout dans les conférences pour la paix de Cambrai en 1529. La charge de grand chancelier d’Angleterre fut la récompense de son zèle pour le service de son maître. Sa faveur ne fut pas de longue durée. Henri VIII, amoureux d’Anne de Boulen, ayant rompu les liens qui le tenaient à l’église romaine, More se démit de sa charge en 1531 et se retira dans sa maison pour y vivre avec ses livres. On le mit en prison, on lui enleva ses livres. Henri VIII, le voyant inébranlable, lui fit trancher la tête en 1535. Sa mort fut celle d’un martyr.
(F. X. de Feller, Biographie universelle, p. 514)

« Thomas More met à exécution son projet de donner un pendant à l’Eloge de la folie en rédigeant son utopie. Selon certains tout à fait inspirée par les premières nouvelles qui arrivaient d’Amérique, l’Utopie n’est pas seulement la conception théorique d’un Etat parfait de type communiste, où l’on vivrait aussi dans une pleine liberté religieuse, mais encore une critique de la société féodale du temps de More ».

Le régime social et économique de cet Etat est fondé sur le travail obligatoire et sur la journée de six heures. La propriété privée est supprimée. L’argent est aboli. Toute la vie économique est fondée sur l’échange des marchandises entreposées dans de grands magasins publics. La constitution politique de l’Etat est une sorte  de fédération démocratique, gouvernée par un prince, Utopus, qui est en même temps le fondateur et le législateur de l’Etat. L’Etat ne doit pas être « une conspiration des riches contre les pauvres » ; quant au prince, il demeure soumis à l’Etat et au peuple.
Cette œuvre qui allie aux idées traditionnelles de l’époque classique un certain nombre de principes annonciateurs des temps modernes connut un grand succès. C’est un produit typique de la Renaissance anglaise d’avant la Réforme, qui compte parmi l’une des premières tentatives pour donner vie à un Etat idéal. La pureté du langage son humour ainsi que la puissance descriptive et dramatique du dialogue ont fortement contribué au succès de l’ouvrage.

Superbe exemplaire conservé dans son très beau maroquin rouge de l’époque.

Provenance : Bibliothèque Edouard Rahir, avec ex-libris (qui indique que l’exemplaire provient également de la bibliothèque W. Beckford).

Cohen cite un exemplaire en maroquin rouge de Padeloup vendu 1200 fr. (Vente Ganay, 20 décembre, n°64).

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