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Montaigne
Les Essais,
1588.

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Description

Les « Essais » de Montaigne de 1588
conservés dans leur élégante reliure réalisée il y a trois siècles.

Provenant des bibliothèques de l’avocat Claude Joberd ;
de Roqueleyne (membre de la famille Longepierre) ;
Antoine Louis Vicomte de Busseul ;
Roger Stéphane, de son vrai nom Roger Worms.


 

Montaigne, Michel Eyquem de. Essais. Cinquiesme édition, augmentée d’un troisième livre et de six cens additions aux deux premiers.
Paris, Abel l’Angelier, 1588.

In-4 de (4) ff. y compris le titre-frontispice gravé à l’eau-forte et 504 ff. (mal chiff. 496).
Veau fauve granité, dos à nerfs orné de fleurons dorés, pièce de titre en maroquin rouge, coupes décorées, tranches rouges. Reliure vers 1715.

247 x 187 mm.

Dernière édition publiée du vivant de Montaigne, avec le 3è livre en édition originale et les importantes corrections qu’il a apportées aux deux premiers.

Tchemerzine, IV, 873 ; Sayce, 4 ; Philippe Desan, Bibliotheca Desaniana, 14 ; Le Petit, 101 ; Picot, Catalogue du baron James d erothschild, n°140 ; Catalogue du baron Ruble, n°63 ; Bulletin Morgand et Fatout, n°9937 ; En Français dans le texte, n°73 ; PMM, n°95.

« In 1588 a new edition of the Essais, the last published in the author’s life time, included a third volume, and this became the definitive text on which all later editions are based” (PMM).

Elle « donne le dernier texte dont Montaigne ait arrêté la rédaction d’une façon définitive » (R. Dezeimeris, Recherches sur… les Essais) … avant les corrections de Mademoiselle de Gournay, la fille d’alliance de Montaigne, qui l’orienta vers une interprétation teintée de stoïcisme chrétien.

« Augmentée d’un troisième livre avec plus de 600 additions aux deux premiers livres, cette « cinquiesme » édition des Essais – en comptant la célèbre « édition manquante » (édition de 1587)- possède 30 % de signes supplémentaires par rapport à l’édition de 1582. Abel L’Angelier figure parmi les plus grands imprimeurs-éditeurs parisiens de la fin du XVIème siècle et la publication des essais chez cet éditeur donne à Montaigne ses lettres de noblesse en tant qu’auteur.

Si Montaigne n’ajoute que 13 % de texte aux deux premiers livres, par contre le troisième représente à lui seul plus de 75 % des additions rédigées entre 1580 et 1588 avec presque 100 000 mots dans l’édition de 1588. Le format, plus grand que l’in-4 habituel de L’Angelier, donne au livre de Montaigne un certain prestige. La plupart des exemplaire sont été habillés de maroquin au XIXe siècle » (Philippe Desan).

Les livres I et II ne comprennent pas moins de 641 additions importantes.

Le livre III qui paraît ici pour la première fois développe sa philosophie laissée jusqu’ici au stade embryonnaire par les publications des deux premiers livres et donne tout son sens à l’œuvre.

Montaigne entreprend cette refonte importante des Essais de 1585 à 1588, alors qu’il vient de quitter la vie publique qui était la sienne à Bordeaux.

Retiré dans le calme de la librairie de son château de Montaigne il annote copieusement les premiers titres et achève ces 13 chapitres du livre iii qui comptent parmi les plus importants de son œuvre.

« En 1588, Les Essais font l’objet d’une nouvelle édition, entièrement revue et corrigée, augmentée du troisième Livre. Montaigne devait conserver jusqu’à sa mort un exemplaire de cette édition qu’il surchargera de remarques diverses, réflexions et citations ; Pierre de Brach et Marie de Gournay, la « file d’alliance » de l’auteur, établirent l’édition posthume de 1595 à partir de celui-là. Aux deux premiers Livres, garants du succès originel de Montaigne, vint s’adjoindre, en 1588, une troisième pièce ; l’approche plus rigoureusement personnelle, plus intimiste de celle-ci devait assurer, mieux que tout, la pérennité des Essais » (Francis Pottiée-Sperry, En Français dans le texte).

Exemplaire de provenance prestigieuse : Claude Joberd, avocat au parlement de Dijon et savant « Antiquaire » (1566- v. 1640) avec son nom calligraphié dans les réserves du frontispice.

Claude Joberd avait reçu une éducation humaniste, voyageant et étudiant en France et en Italie, séjournant longuement à Padoue et à Rome. Il appartenait à la première génération de « curieux » dijonnais, tous liés au milieu parlementaire de Dijon – comme Montaigne à Bordeaux – qui recueillaient et étudiaient les antiquités romaines ou gauloises ; un sonnet à son ami Guenebauld, figure dans Le Réveil de Chyndonnax, la publication par ce dernier de sa découverte d’un ancien tombeau celte.

Il a ensuite appartenu à C. de Roqueleyne, membre de la même famille que Longepierre (signature sur une garde), et au xviiiè siècle à Antoine Louis, Vicomte de Busseul (1756 – 1851) d’une ancienne famille de la noblesse bourguignonne (ex-libris).

Sa tante Claude-Louise de Busseul était demoiselle d’honneur de la Princesse de Conti.

Officier des Gardes du corps, il participa à la défense de la famille royale lors des Journées d’Octobre à Versailles, puis émigra, combattit dans l’Armée de Condé et rentra en France en 1814.

Dans la seconde moitié du XXe siècle il fut acquis par Roger Stéphane (1919-1994) de son vrai nom Roger Worms, écrivain, cofondateur de l’Observateur.

Exemplaire précieux et fort rare ainsi conservé ainsi dans son élégante reliure exécutée il y a trois siècles.

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