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Roland, Madame
Oeuvres,
1799.

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Description

« C’est pendant sa captivité que Madame Roland écrivit à la hâte les diverses parties

qui composent ses admirables mémoires, dont elle faisait parvenir secrètement les feuillets

au noble et fidèle Bosc, qui les sauva en les cachant au creux d’un rocher dans la forêt de Montmorency » (P. Larousse).

Les Mémoires de Madame Roland : être femme dans la tourmente de l’Histoire.

Edition originale collective des Mémoires de Madame Roland imprimée en 1799.

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Roland, Madame. Œuvres de J. M. Ph. Roland, femme de l’ex-ministre de l’intérieur, contenant les Mémoires et Notices historiques qu’elle a composés dans sa prison en 1793… et accompagnées de Notes, et de Notices du même, sur sa détention.

Paris, Bidault, An VIII (1799).

3 volumes in-8 de : I/ (2) ff., 1 portrait, XC et 348 pp. (4) ff. ; II/ (2) ff. et 444 pp ; III/ (2) ff., 435 pp. et (2) ff.

Veau havane marbré et glacé, roulette dorée autour des plats, dos lisse orné, pièce de titre et de tomaison en maroquin rouge, filet or sur les coupes, tranches jaunes. Reliure de l’époque.

198 x 124 mm.

Edition originale collective des célèbres Mémoires de Madame Roland guillotinée le 10 Brumaire 1793.

« Les remarquables morceaux qui composent ces Mémoires, écrits par Madame Roland pendant la captivité qui précéda sa mort, furent secrètement confiés par elle au naturaliste Bosc, qui les enfouit au creux d’un rocher, dans la forêt de Montmorency, en attendant l’apaisement de la tempête qui avait emporté ses amis du parti girondin » (P. Larousse).

Parmi les témoignages essentiels sur la Révolution française, les Mémoires de Madame Roland (1754-1793) furent un des premiers livrés au public.

Les Mémoires de Madame Roland se situent à la croisée du public et du privé, de l’histoire et de l’intime. Elle les a rédigés lors de son incarcération à la prison de l’Abbaye en 1793. Ils sont divisés en deux parties très distinctes : d’une part des Mémoires proprement historiques, d’autre part des « Mémoires particuliers » qui sont une chronique de la vie privée de la moyenne bourgeoisie parisienne entre 1760 et 1780, et permettent d’entrer dans l’intimité de la jeune Marie-Jeanne dit Manon Phlipon.

Mme Roland n’avait pas cessé de s’intéresser aux idées philosophiques et à l’avènement de la liberté.

Quatre fois la semaine, les Roland réunissaient chez eux les principaux hommes politiques qui bientôt allaient composer le parti girondin, les Brissot, les Pétion, les Buzot, les Condorcet, les Barbaroux, etc. Tous ces hommes distingués furent subjugués par la raison de Mme Roland, par la netteté de son jugement, par la fermeté de ses convictions, l’étendue de ses connaissances, peut-être bien aussi par le charme infini de sa conversation, par son esprit, ses grâces et sa beauté. Toujours est-il qu’on vit cette chose piquante : un grand parti politique dont le chef réel était une femme.

Lorsque la Gironde eut imposé au roi le ministère dit patriote et que Roland eut été appelé à en faire partie, le rôle de Mme Roland s’agrandit. C’est elle qui écrivait les instructions, circulaires et autres documents, et notamment la fameuse Lettre au roi du 10 juin 1792. Ce qui parait certain, c’est qu’elle contribua à pousser le parti dont elle était l’égérie dans cette guerre incessante contre la Montagne et la commune de Paris qui devait être funeste aux girondins comme à la Révolution. Sa haine contre Danton et Robespierre lui fit repousser toute transaction, et il y a toute apparence que ce fut elle qui décida Louvet, le colérique et frivole auteur de Faublas, à dresser son fameux acte d’accusation contre Robespierre.

Mme Roland, on le sait, fut enveloppée dans la chute des girondins. Lorsque Roland fut décrété d’arrestation le 31 mai 1793, elle se présenta à la Convention pour réclamer contre cette mesure, mais ne fut pas admise à la barre. Dans la nuit même, elle fut arrêtée. C’est pendant sa captivité qu’elle écrivit à la hâte les divers morceaux qui composent ses admirables mémoires. Elle parut devant le tribunal révolutionnaire le 8 novembre « comme complice de la conspiration contre l’unité et l’indivisibilité de la république, la liberté et la sûreté du peuple français ».

Suivant Louvet, Mme Roland accueillit la sentence par ces paroles : « Vous me jugez digne de partager le sort des grands hommes que vous avez assassinés. Je tâcherai de porter à l’échafaud le courage qu’ils y ont montré ».

Entre toutes les morts magnanimes dont les annales de la Révolution nous ont conservé le souvenir, celle de la noble femme est, en effet, l’une des plus sublimes. Vêtue d’une robe blanche, debout sur la charrette, calme au milieu des clameurs de la foule, elle consolait avec un enjouement héroïque un autre condamné qui allait être son compagnon de mort et qui était fort abattu. Elle semblait une vraie héroïne de Corneille. Arrivée devant l’échafaud, elle salua la gigantesque statue de la liberté qui était sur le piédestal veuf de la statue de Louis XV et prononça les paroles désormais historiques : « O liberté ! que de crimes on commet en ton nom ! ».

Mme Roland est restée l’une des grandes figures de la France moderne, et sa destinée tragique éveillera toujours l’enthousiasme et 1a pitié, comme son caractère et ses talents exciteront à jamais l’admiration.

Très bel exemplaire sans rousseur, conservé dans ses élégantes reliures de l’époque.

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