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Pic de la Mirandole
Opera Novissima Accurate Revisa,
1504.

39, 000 

Catégorie :

Description

In-folio de (12) ff. y compris le titre, 216 ff.

Demi-peau de truie estampée à froid sur ais de bois, traces d’attaches. Reliure de l’époque.

289 x 205 mm.

Première édition strasbourgeoise, très complète et entièrement revue présentant l’ensemble des œuvres de Pic de La Mirandole, condamné par le Pape comme hérétique en 1487.

Muller, II, n° 24 ; Adams, P-1130 ; Schmidt, Prüss, n° 43 ; BM STC German, 695 ; VD16 : P2578 ; Einbanddatenbank : fers s024549 et s024550, atelier w003046.

Elle comprend le Disputationes adversus astrologiam divinicatrium qui ne sera publié qu’après sa mort.

Pic y condamne sévèrement les pratiques des astrologues de son temps et sape les fondements intellectuels de l’astrologie elle-même.

Né près de Modène en 1463 Jean Pic de la Mirandole, enfant précoce, doué d’une mémoire stupéfiante, fait très jeune des études en latin et en grec et est destiné par sa mère à l’Église. Quand cette dernière meurt subitement en 1479, Pic entreprend des études de philosophie à Ferrare. À Florence il rencontre Politien et Savonarole.

De 1480 à 1482, il poursuit ses études à l’Université de Padoue, un centre majeur de philosophie aristotélicienne en Italie. Il étudie à Padoue l’hébreu et l’arabe auprès d’Elie del Medigo, un averroïste juif, qui lui fait également lire des manuscrits araméens.

En 1485, il se rend à l’Université de Paris, le plus important centre de théologie et de philosophie scolastique d’Europe – et un bouillon de culture de l’Averroïsme latin.

C’est à Paris que Pic entreprend la rédaction de ses 900 Thèses et conçoit l’idée de les défendre au cours d’un débat public.

En 1486, de retour à Florence, il fait la connaissance de Laurent de Médicis et de Marsile Ficin, le jour même où ce dernier termine sa traduction en latin des œuvres de Platon, sous le patronage enthousiaste de Laurent. Tous deux sont subjugués par le charme de Pic. Laurent, jusqu’au jour de sa mort, soutiendra et protégera Pic.

Il termine son Discours sur la dignité de l’homme, qu’il se propose d’annexer à ses 900 Thèses, puis il se rend à Rome pour donner suite à son projet de les défendre. Il les fait publier à Rome en décembre 1486 sous le titre Conclusiones philosophicae, cabalasticae et theologicae et offre de défrayer les dépenses de tout érudit qui viendrait à Rome pour en débattre publiquement. En février 1487, le pape Innocent VIII interdit le débat proposé, et charge une commission de vérifier l’orthodoxie des thèses. Bien que Pic réponde aux accusations dont elles font l’objet, treize d’entre elles sont condamnées. Pic s’engage par écrit à les retirer, mais ne change pas d’opinion quant à leur validité, et entreprend, pour les défendre, d’écrire une Apologie (Apologia J. Pici Mirandolani, Concordiae comitis, publiée en 1489), qu’il dédie à Laurent. Informé de la circulation de ce manuscrit, le pape institue un tribunal d’Inquisition, forçant Pic à renoncer également à l’Apologie ce qu’il consent encore une fois à faire.

Néanmoins, le Pape déclare ses thèses non orthodoxes : « Elles sont pour partie hérétiques, et pour parti fleurent l’hérésie ».

Pic s’enfuit en France en 1488, où il est arrêté par Philippe II de Savoie, à la demande du nonce apostolique, et emprisonné à Vincennes. Grâce à l’intercession de plusieurs princes italiens – tous poussés par Laurent – le roi Charles VIII le fait relâcher et le pape se laisse persuader d’autoriser Pic à revenir à Florence pour y résider sous la protection de Laurent. Ce n’est toutefois qu’en 1493, après l’accession d’Alexandre VI (Rodrigo Borgia) à la papauté, qu’il est libéré des censures et restrictions imposées par le pape.

Pic est profondément ébranlé par cette expérience. Il se réconcilie avec Savonarole, à qui il demeure très attaché et persuade même Laurent d’inviter Savonarole à Florence. Mais Pic ne renoncera jamais à ses convictions syncrétistes.

Il s’installe près de Fiesole, dans une villa que Laurent a aménagée pour lui, où il écrit et publie le Heptaplus id est de Dei creatoris opere (1489) et le De Ente et Uno (1491). C’est là également qu’il rédige son autre ouvrage le plus célèbre les Disputationes adversus astroligiam divinicatrium, qui ne sera publié qu’après sa mort.

Après la mort de Laurent de Médicis, en 1492, Pic s’installe à Ferrare, bien qu’il continue de fréquenter Florence, où l’instabilité politique accroît l’influence grandissante de Savonarole. Pic devient malgré tout un disciple de Savonarole, détruisant ses propres poèmes et se départant de sa fortune, avec l’intention de se faire moine, projet qu’il n’accomplira toutefois jamais.

Pic meurt en 1494, dans des circonstances longtemps restées mystérieuses. Trop proche de Savonarole, il aurait été empoisonné par son propre secrétaire à l’instigation des Médicis. Cet empoisonnement est confirmé en 2008 par une équipe scientifique qui analyse les restes exhumés de Pic et de Politien. On l’enterre à Saint-Marc de Florence et c’est Savonarole qui prononce l’oraison funèbre.

Pic de La Mirandole incarne l’une des figures les plus significatives du XVe siècle, époque de bouleversements et de transitions. Désireux d’effectuer une synthèse d’Aristote et de Platon à partir de la foi chrétienne ou encore de concilier arts libéraux, philosophie morale et théologie, fondateur de la cabale philosophique de la Renaissance, il fut ainsi considéré comme hérétique par le Pape Innocent
VIII.

« Penseur et homme inquiet, profondément religieux mais ne voulant pas s’incliner devant l’autorité de l’Église ni devant le dogme catholique, il parcourut dans sa vie brève toutes les voies du savoir et se lança dans les expériences intellectuelles les plus hardies. Il vécut au moment de l’éclosion de l’Humanisme et donna à ce mouvement une signification à la fois très précise et spéculative, plaçant l’homme au centre de la réalité, comme le « microcosme » ou le « caméléon » divin qui possède la liberté de déchoir au rang des brutes ou de devenir « fils de Dieu », égal à Dieu lui-même ».

  1. Peignot dans sa bibliographie des principaux livres condamnés au feu (Paris 1806) analyse les « Thèses sur tous les objets de science », (Theses de omni re scibili) de Pic de la Mirandole considérées comme hérétiques par le pape Innocent VIII (p. 38).

« Après avoir fait examiner ces thèses par des commissaires, le pape censura treize des propositions. L’un de ces commissaires à qui l’on demandait ce que signifiait le mot « cabale » contre lequel il déclamait tant, répondit que c’était un hérétique qui avait écrit contre Jésus-Christ et que ses sectateurs avaient eu de lui le nom de cabalistes ».

Précieux exemplaire, lu la plume à la main par un érudit de l’époque, dans une rare et belle reliure germanique en demi-peau de truie estampée sur ais de bois apparents.

L’ornementation de la reliure comprend deux fers losangés contenant l’un un aigle et l’autre une fleur qui sont caractéristiques de l’atelier dit Stempelblüte frei mit Krone II, actif dans le sud de l’Allemagne entre 1486 et 1538. Sur les neuf reliures attribuées à cet atelier par les bibliothèques publiques allemandes, deux recouvrent des livres imprimés à Strasbourg, en 1496 et en 1509. Par ailleurs, les gardes et contregardes de l’exemplaire présentent un filigrane à tête de taureau sommée de la lettre T.

Exemplaire d’Heinrich Krebser, avec ex-libris manuscrit et mention d’achat pour 15 livres d’argent, reliure comprise, en haut du titre : Est Henrici Krepsheri, emptus 15 a. lb. cum ligatura. Il comporte d’abondantes annotations marginales en latin, auxquelles s’ajoutent soulignés, accolades et manicules pointant du doigt les passages importants.

De la bibliothèque occulte Robert Lenkiewicz (2003, n° 253) vendu 22 500 € il y a 19 ans, puis 39 000 € le 5 juin 2011, il y a 11 ans (Réf : Livres précieux, n° 8).

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