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Bertaut
Recueil,
1601.

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Description

« Bertaut s’est fait un chemin particulier entre Ronsard et Desportes. Il a plus de clarté que le premier, plus de force que le second et plus d’esprit et de politesse que les deux autres ensemble »

(Melle de Scudéry).

De la bibliothèque A. J. Guibert. 

Paris, 1601.

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Bertaut, Jean (1552-1611). Recueil des Œuvres poétiques de Jean Bertaut, Abbé d’Aunay et premier aumônier de la Reyne.

Paris, Mamert Patisson, Imprimeur du Roy, 1601.
In-8 de (4) ff., le premier blanc, 112 ff., vélin ivoire, dos lisse, ancienne restauration au bas du plat supérieur, tranches dorées. Reliure de l’époque.
166 x 103 mm.

Edition originale très rare du Recueil des Œuvres poétiques de Jean Bertaut.
Renouard, Breyer, n°76 ; Renouard, Estienne, 192 ; J. P. Barbier, IV, 1, n°29.

Ronsard suscita sa vocation poétique : Je n’avais pas seize ans quand la première flamme / Dont ta muse m’éprit s’alluma dans mon âme. Il admira bientôt aussi Desportes : Seul je vous estimai l’ornement des humains. / A tout heure, en tous lieux, je sentis votre image / Devant mes yeux errante exciter mon courage. Ronsard daigna lui promettre « quelque fruit de ses premières fleurs » ; mais Bertaut remarqua vite que la modestie de son talent limitait ses ambitions, et que « ses vers de cuivre » ne vaudraient jamais « les vers d’or » de Ronsard.

On préceptorat dans la famille Matignon l’introduisit à la cour, ou son honnêteté foncière et sa timidité ne lui permettront d’obtenir ni les rentes de Desportes, ni le chapeau cardinalice de Davy Du Perron. Il s’y distingua d’abord comme librettiste des ballets de cour et des allégories rythmées dont les strophes élégantes émerveillaient jusqu’aux nonces et aux rois. Nul ne chantait aussi agréablement les nymphes étoilées / Naguère ici dévallées / Du palais céleste des dieux / Pour voir un grand roi dont la gloire / Sur l’aile de mainte victoire : / Est volée au plus haut des cieux.

Il excelle aux élégies mélancoliques, il sait condenser sa pensée en une phrase nerveuse, traduire avec émotion la douleur, faire gémir ses vers en accords adoucis : Ignorez-vous encor qu’aux âmes désolées / Commander les chansons, c’est conseiller les pleurs. Ses poésies religieuses ont préludé, en quelque sorte, aux Harmonies et aux Méditations. Les stances de ses Psaumes sont supérieures à celles de Marot et de Desportes, dont Malherbe disait avec impertinence : « Votre potage vaut mieux que vos Psaumes. » De la paraphrase du psaume CXLVIII, où le prophète convie la création à glorifier Dieu, E. Faguet a écrit : « C’est tout à fait une Harmonie de Lamartine. La forme est parfaite, et comme l’inspiration est très profonde, et que la puissance de développement, quoique abondante encore, se restreint en de justes limites, nous avons là une pièce classique vraiment admirable. » Malherbe, passant en revue Ronsard, Desportes, Régnier, d’Aubigné, a dit qu’il « estimait Bertaut le plus de toute la volée ». Boutade, sans doute, mais hommage peut-être à la fermeté ou à la mélancolie de la forme à l’allure du mouvement, qui lui avaient servi. La cour la chantait ; les Solitaires de Port-Royal « la consacrèrent en la citant » ; M. de Sacy l’inséra dans son Commentaire de Job ; Mme Guyon en fit une application inattendue à l’amour de Dieu, et Sainte-Beuve constatait : « Nos mères les savent encore. » Mais Boileau a plus fait pour que le nom de Bertaut demeure, en l’introduisant dans son Art poétique, après un coup droit à Ronsard qu’il n’aimait pas : Ce poète orgueilleux, trébuché de si haut, / Rendit plus retenus Desportes et Bertaut. Il lui a fait encore justice par ce mot de son Traité du Sublime : « Bertaut a attrapé dans le genre sérieux le vrai génie de la langue française. » L’Académie partageait son sentiment. Car, « voulant, dit Pelisson, rendre notre langue capable de la dernière éloquence et faire un choix de tous les auteurs morts qui avaient le plus purement écrit, elle inscrivit, parmi les auteurs les plus célèbres en prose : Amyot, Montaigne, Bertaut, Du Perron et François de Sales ».

« Bertaut fut perçu par les auteurs classiques comme un véritable précurseur, maîtrisant une langue en avance sur son temps. Boileau, pourtant si féroce à l’égard des auteurs des siècles précédents, disait que Bertaut avait « attrapé dans le genre sérieux le vrai génie de la langue française » » (N. Ducimetière).

Les Œuvres poétiques furent réimprimées en 1605, 1620 et 1623. L’édition originale de 1601 est très rare ; nous avons trouvé trace d’un exemplaire de l’édition de 1605 relié à l’époque vendu 10 000 € le 15 juin 2002.

Précieux et bel exemplaire à très grandes marges conservé dans sa première reliure en vélin ivoire de l’époque.

De la bibliothèque A. J. Guibert.

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