Histoire des Juifs. Histoire de la guerre des Juifs contre les Romains
Première et « jolie édition en cinq volumes in-12 de l’Histoire des Juifs et Flavius Joseph » (Brunet) parée de l’un des chefs-d’œuvre de la reliure à la fanfare parisienne de l’année 1668.
Florimond Badier, le maître relieur du temps avait « une clientèle de choix : Louis XIV, Marie-Thérèse, la Grande Mademoiselle, Christine de France ». (R. Esmérian).
5 volumes in-12 de I/ 14 ff., 500 pp., 5 ff., 6 illustrations; II/ 509 pp., 9 ff.; III/ 398 pp., 43 ff.; IV/ 15 ff., LXVI pp., 4 ff., 368 pp., 8 ff; V/ 550 pp., 19 ff.
Maroquin bleu nuit, triple filet d’encadrement des plats, dos à nerfs, caissons ornés, roulette aux coupes, doublure de maroquin rouge orné d’un beau décor « à la fanfare », tranches dorées. Somptueuse reliure en maroquin doublé à la fanfare attribuable à Gilles Dubois, actif de 1648 à 1689.
150 x 85 mm.
Flavius Josèphe (37-100). Histoire des Juifs. Histoire de la guerre des Juifs contre les Romains par Flavius Joseph. Et sa vie écrite par lui-même. Écrite par Flavius Joseph sous le titre de Antiquitez ludaiques, traduites […] par Monsieur Arnauld d’Andilly.
Paris, Pierre le Petit, 1668.
Première édition in-12 de cette œuvre célèbre de Flavius Joseph.
« Cette traduction à paru pour la première fois à Paris en 1667 et 1668 en 2 volumes in-folio, Pierre Le Petit. Le même libraire en a donné, en 1668, une jolie édition en 5 volumes in-12 (celle-ci) sur laquelle a été faite celle de Bruxelles de 1676 » (Brunet, III, 572)
« Cette histoire se termine en 66, à la veille de la guerre des Juifs contre les Romains relatée dans son ouvrage précédent.
Les Antiquités, rédigées à l’origine en araméen et traduites en grec, visent un public grec et romain auquel Josèphe se propose de faire connaître l’histoire et la sagesse des Juifs ; c’est donc fondamentalement une œuvre apologétique en un temps où l’Antiquité était synonyme de noblesse.
Les dix premiers livres constituent une paraphrase de l’histoire biblique avec quelques modifications, omissions ou ajouts. Les uns tiennent au souci apologétique de l’auteur qui évite les épisodes gênants (histoire de Juda et de Tamar, le veau d’or) ou les récits de miracles qui pourraient être mal reçus des païens (ainsi, il suggère une interprétation rationnelle de la traversée de la mer Rouge), les autres tiennent à une tradition orale qui constitue un embryon de Midrash (Abraham enseigne l’arithmétique et l’astronomie aux Égyptiens ; campagne victorieuse de Moïse en Éthiopie pour le compte du pharaon et mariage de Moïse avec une princesse éthiopienne). Bien qu’elle contienne des éléments connus par ailleurs, cette première partie est intéressante pour qui voudrait reconstituer les tendances de l’homélie et de l’exégèse juives au Ier siècle.
Là où les Antiquités prennent toute leur valeur documentaire, c’est à partir des périodes qui constituaient pour Josèphe l’histoire « contemporaine », c’est-à-dire après le temps de la révolte des Macchabées. Sur la dynastie hasmonéenne, sur le règne d’Hérode, sur la période des procurateurs romains en Judée, il est notre principal et souvent unique informateur. Il est vrai que cette période avait traitée par Josèphe lui-même dans La Guerre des Juifs contre les Romains, mais elle est présentée de façon beaucoup plus détaillée dans les Antiquités.
Au livre XVIII (63-64), on peut lire un passage de quelques lignes connu sous le nom de Testimonium Flavianum auquel les Antiquités et peut-être toute l’œuvre de Josèphe doivent leur survie. C’est le seul témoignage d’un auteur juif de cette époque sur Jésus. L’authenticité en a été vivement débattue à partir du XVIè siècle. Il est établi aujourd’hui que ce passage a été interpolé par une main chrétienne au IVè siècle. Sur la base d’une version arabe du Moyen Âge récemment retrouvée, on tend à le réduire aux quelques phrases « neutres » qui eussent été acceptables de la part de Josèphe, plutôt que de tout rejeter en bloc comme le faisaient certains critiques. » – Trad. Edition Ernest Leroux, 1920-1929. Ed. du Cerf, 1990, (Livres I à III). M. H.-L.
Un chef-d’œuvre de la reliure française « à la fanfare » des années 1668.
Raphaël Esmérian (Deuxième partie, 8 décembre 1972) avait réuni plusieurs chefs-d’œuvre de la reliure française du XVIIè siècle mais aucune n’atteignait la finesse des fers de la doublure de celle-ci. La doublure du n° 43, attribuée à l’atelier des Caumartins, était ornée de fers au dessin proche mais à la frappe beaucoup plus grossière et seules certaines reliures de l’atelier Florimond Badier, vers 1668, approchaient de la finesse de frappe de la présente doublure (n° 30). Mais comme l’écrit R. Esmérian, « La clientèle de Florimond Badier est de choix : Louis XIV, Martie-Thérèse, La Grande Mademoiselle, Christine de France etc…
Un chef-d’œuvre de la reliure française du XVIIè siècle parant la célèbreHistoire des Juifs de Flavius Josèphe.
