Œuvres posthumes.

Frédéric II roi de Prusse

Éditions originales de deux œuvres essentielles de Frédéric II (1712-1786), grand oncle maternel de Maria Feodorovna, somptueusement reliées à l’époque aux armes de Paul Ier et de Maria Feodorovna, Tsar et Tsarine de Russie.

Berlin, 1788.

15 volumes in-8 ; maroquin rouge, plats ornés d’une roulette d’encadrement dorée et des armoiries de Paul Ier, Tsar de Russie (1796-1801) et de Maria Feodorovna, dos lisses ornés, pièces de titre et de tomaison en maroquin vert, coupes décorées, tranches dorées.

Reliures impériales russes de l’époque.

200 x 122 mm.

Frederic II, roi de Prusse (1712-1786). Œuvres posthumes.

A Berlin (Strasbourg), 1788.

Histoire de mon temps. Histoire de la guerre de sept ans. Mémoires. Considération sur l’état présent du corps politique de l’Europe.

Edition originale.

Poésies. Correspondances.

Edition originale.

Première édition originale collective de l’œuvre et édition originale de l’abondante et précieuse correspondance du roi de Prusse, Frédéric le Grand (1712‑1786), le grand oncle maternel de Maria Feodorovna.

Exemplaire d’exception provenant de la bibliothèque de l’Impératrice Maria Feodorovna qui avait précisément été présentée par Frédéric II pour devenir la seconde épouse du Tsar Paul 1er.

Cette édition collective originale contient deux des originales les plus importantes de Fréderic II : sa Correspondance qui occupe ici 8 volumes (du tome 8 au 15) et les Considérations sur l’État présent du corps politique en Europe.

« La correspondance de Frédéric II constitue l’un des éléments les plus importants de l’œuvre de Frédéric II de Prusse (1712-1786). Elle est écrite, en grande partie, en français et elle nous fait connaître à fond le caractère et l’esprit de Frédéric.

L’histoire du XVIIIe siècle et sa civilisation s’y reflètent sous les formes les plus variées. Certaines lettres de jeunesse à Camas, Jordan, Duhan de Jandun, Suhm ont un réel intérêt psychologique, car le signataire y exprime ses sentiments les plus intimes sans aucune réserve, ses douleurs, ses plaisirs, tout ce qui agite son âme, et cela de la manière la plus naturelle. Les lettres échangées avec Voltaire et d’Alembert ont surtout un contenu littéraire, philosophique, social, scientifique avec, parfois, une pointe de polémique : ce sont les plus importantes, celles qu’il a écrites avec le plus de soin, et qu’il a fait transcrire pour en conserver les autographes ou les copies. Ses lettres familières à Algarotti, à d’Argens, à la duchesse Louise de Saxe-Gotha, à Fouqué et à beaucoup d’autre montrent les meilleures qualités de son cœur et de son esprit ; elles révèlent combien Frédéric II appréciait les joies de la société, de l’amitié. Enfin ses lettres à sa mère, à ses sœurs, à ses frères dévoilent la tendresse filiale et fraternelle qui emplissait son cœur. L’original de ces nombreuses lettres et parmi celles-ci les lettres adressées à Voltaire, a été perdu. Mentionnons enfin sa correspondance militaire, diplomatique, politique, administrateur, législateur, capitaine et souverain sans scrupules.

Sa correspondance avec Voltaire, qui commença en 1736, ne prit fin qu’en 1778 par la mort de « l’homme divin, restaurateur des droits de la raison, seigneur souverain de l’opinion » ; elle fut seulement interrompue par le trouble qui altéra leur amitié de 1753 à 1757. Elle débuta au moment où le prince, héritier du trône de Prusse, pouvait penser et lire librement et s’entourer de lettrés et de penseurs. C’est Frédéric qui écrivit le premier à Voltaire le 8 août 1736. Dans sa lettre, il se montre enthousiaste des œuvres littéraires de Voltaire et avoue avoir éprouvé devant elles « combien les privilèges de la naissance et la vanité de la grandeur dans lesquels l’orgueil nous berce servent à peu de chose, même à rien… si on les compare aux talents de l’esprit ». Bien vite le ton des lettres deviendra amical : les deux correspondants soumettent à leur jugement réciproque leurs idées et leurs sentiments en ce qui concerne la littérature, la philosophie, la religion. Cette longue correspondance, qui se ralentit au moment de l’avènement de Frédéric au trône en 1740 pour cesser durant les deux années du séjour de Voltaire à Potsdam, se termina par un billet du « philosophe couronné » au « héros libre-penseur, fondateur du nationalisme berlinois », sur un ton très différent du ton habituel : « J’ai maintenu la paix dans ma maison jusqu’à Votre arrivée ; et je vous avertis que si vous avez la passion de l’intrigue et de la cabale, vous vous êtes trompé d’adresse… Dans le cas où vous vous décideriez à vivre en philosophe, je serai heureux de vous voir, etc. » Cette amitié revivra dans une longue journée d’automne de 1757, période qui coïncide, en grande partie, avec la dernière période de paix de la Prusse et avec le retour de Frédéric à des œuvres constructives de paix. Sa dernière lettre à son ami de Ferney se termine par ces mots : « Que la nature puisse fortifier les fibres du vieux patriarche : moi, je ne m’intéresse qu’à son corps, car son esprit est immortel ».

La correspondance de Frédéric avec d’Alembert, qui commença déjà en 1746, fut ranimée en mars 1760 par le souverain qui lui envoya deux Épîtres, de presque trois cents alexandrins, inspirés par l’Encyclopédie qui avait été interdite et par les œuvres de l’auteur qui avaient été brûlées en France. Elle continua d’une manière ininterrompue durant quarante ans (1746-1783), et cette amitié tenace ne connut pas les ennuis de celle avec Voltaire, ni ses tiédeurs.

Les considérations sur l’état présent du corps politique en Europe, écrit historico-politique de Frédéric II de Prusse (1712-1786), composé en 1738, ne fut imprimé qu’en 1788, ici en édition originale, parmi les Œuvres posthumes de Frédéric II. L’occasion de cet écrit fut l’envoi, cette année-là, à la Prusse, de notes identiques par les quatre puissances : France, Autriche, Angleterre, Hollande, sur la question de la succession des duchés de Juliers et de Berg, sur lesquels la Prusse réclamait des droits. Les notes étaient rédigées d’une manière vexatoire, et l’indignation de Frédéric, qui était alors prince héritier, fut provoquée particulièrement par la conduite du gouvernement français, responsable de cette démarche qui mettait à nouveau en danger la paix européenne. L’opuscule déplore que le corps politique européen ait perdu son équilibre et commence à se désunir : la chute est inévitable si la coalition de la force continue à dominer les nations voisines plus faibles. De cette situation la politique française est particulièrement responsable.

Précieux et superbes volumes reliés à l’époque en cuir de Russie rouge décoré avec sur chacun des plats, les armoiries du Tsar Paul Ier et de la Tsarine Maria Feodorovna, née Princesse Sophie Dorothée de Wurttemberg (1759-1828), seconde épouse du Tsar Paul Ier de Russie (1754-1801).

Les volumes furent conservés dans la bibliothèque de la résidence d’été des Tsars à Ttarskoe Selo. Le fils de Catherine II et de Pierre III, Paul Ier devint en 1798 grand maître de l’ordre de Malte.

« After the death of Paul’s first wife he married in 1776 Princess Sophie Dorothea Augusta Luisa of Württemberg (Maria Feodorova); whose name remains linked to Goethe and Weimar, since one of her daughers was married to Duke August. It is interesting to note that the Princess was chosen by Frederick II of Prussia, her maternal great uncle, and by Empress Catharine II of Russia, as the ideal candidate to become Paul’s second wife. In the 1920s and 1930s, many of the books from the Czars libraries were sold by Stalin, privately or at auctions, mostly in Switzerland. The present collection has been in private hands for a lot of years ».

Vendu