L'Office de la Vierge Marie

Le Père Coton
Paris, 1632.
Prix : 17 000 €

Le Père Coton, célèbre confesseur du roi Henri IV et Marie de Médicis en exil, après la journée des Dupes du 12 novembre 1630.

Précieux Livre d’Heures, œuvre du Père Coton (1564-1626), protégé de la reine, revêtu d’une reliure de Macé Ruette datée de 1632, décorée, mosaïquée et peinte aux rarissimes armes de Marie de Médicis en exil.

Deux ouvrages en 1 volume in-8 de 1 titre frontispice, 24, 232 (mal chif. 229) ff. pour le premier ouvrage et 104 pp. pour le second.
Maroquin olive, plats richement ornés, peints et mosaïqués avec encadrement à la Duseuil, bordure avec feuillage doré, demi-cercle et écoinçons d’angle en maroquin citron et rouge décoré de petits fers pointillés et dorés, grandes armoiries centrales des Médicis peintes en or, rouge et noir soulignées des lettres : F.H.M.M.D.E.V. sur le plat supérieur et de la date « 1632 » sur le plat inférieur, dos à nerfs orné et mosaïqué, coupes décorées, attaches conservées, tranches dorées, couleurs atténuées. Riche et exceptionnelle reliure ornée, mosaïquée et peinte aux armes de Marie de Médicis en exil, réalisée en 1632, attribuée à l’atelier parisien Macé Ruette (1606-1638).

182 x 112 mm.

Le Père Coton (1564-1626), confesseur du roi Henri IV. L’Office de la Vierge Marie pour tout les temps de l’année… fait par le Père Coton.
Paris, le Bé, 1631. - Devotes Oraisons pour tous les Chrestiens et Catholiques composées par le R. P. Coton, de la Compagnie de Jesus,
Paris, Guillaume le Bé, 1632.

Précieux livre d’Heures réunissant deux œuvres du célèbre confesseur du roi Henri IV, le Père Coton (1564-1626), somptueusement relié en 1632 pour Marie de Médicis en exil, imprimé en rouge et noir et orné de plus de vingt superbes estampes dessinées et gravées par Jean Matheus, graveur à Paris au début du XVIIe siècle « Il grava des sujets religieux d’après ses propres dessins » (Bénézit).

Le Père Coton entra dans la compagnie malgré sa famille, prêcha avec éclat dans la Provence et le Dauphiné, convertit Mme de Créqui, dont le père, le maréchal de Lesdiguieres, le recommanda à Henri IV, et devint dans la suite le confesseur du roi. Lors du meurtre de Henri, il manifesta la plus grande douleur et publia sa Lettre déclaratoire de la doctrine des Pères jésuites (1610), où il essayait de défendre son ordre contre les accusations dont il était l’objet. Le Père Cotton n’en fut pas moins nommé par Marie de Médicis confesseur du jeune roi Louis XIII.

Marie de Médicis, fille aînée de François Ier, grand-duc de Toscane, et de Jeanne, archiduchesse d'Autriche, naquit à Florence le 26 avril 1575 ; elle devint la seconde femme d'Henri IV, qu'elle épousa par procuration à Florence le 5 octobre 1600 et quelle rejoignit à Lyon le 9 décembre suivant ; très attachée au parti espagnol et à la Ligue, elle fit rétablir les jésuites sans se mêler précisément des affaires publiques. Marie de Médicis ne fut sacrée reine que le 13 mai 1610, à Saint-Denis ; le lendemain, Henri IV était assassiné, et la reine proclamée régente le surlendemain 15 mai. Très ambitieuse, mais peu intelligente, elle abandonna Sully pour se livrer aux italiens Concini et à sa femme Léonora Galigaï et adopta une politique absolument opposée à celle d'Henri IV.

Les reliures de Macé Ruette sont de styles très variés ; en général il excelle mieux dans les petits formats que dans les folios surtout lorsqu'il mélange dans ceux-ci fers pleins, fers pointillés et branchages ! Mais il est un type de décor dans lequel Macé Ruette se montre tout à fait original : c'est un décor « losange-écoinçons » très chargé qui a une saveur que nous retrouvons dans le néo-gothique de 1830. La Walters Gallery de Baltimore possède un charmant petit manuscrit relié dans ce style précurseur de Thouvenin.
C'est un « Office de la Semaine Sainte » publié et relié par Macé Ruette, et reproduit dans Gruel qui m'a dirigé dans mes recherches sur cet atelier. » (Bibliothèque Raphaël Esmérian. Deuxième partie, 8 Décembre 1972).

Esmérian ne possédait que deux reliures ornées des armoiries classiques de Marie de Médicis qui allient les blasons de France et ceux des Médicis.

Les reliures mosaïquées et peintes aux armes de la reine en exil sont d’une insigne rareté. Habillant ici les œuvres du Père Coton, protégé de la reine, elles appartiennent à la haute bibliophilie.