Les Œuvres morales et philosophiques

Plutarque
Paris, Vascosan, 1604.

Première traduction française des Œuvres morales de Plutarque due à Jacques Amyot (1513-1593), conservée dans sa remarquable et rarissime reliure en maroquin de l’époque ornée de « sept encadrement de triple filet “en abîme” ».

2 parties en 1 volume in-folio ; maroquin rouge, dos à nerfs orné de filets et de fleurons dorés, décor constitué de sept encadrements de triple filets dorés « en abîme » sur les plats, petits fleurons aux angles, tranches dorées, tache et mouillure en marge inférieure. Reliure de l’époque.

389 x 256 mm.

Plutarque. Les Œuvres morales et philosophiques translatées de grec en françois par Messire Jean Amyot.
Paris, l’Imprimerie de M. de Vascosan, chez Claude Morel, 1604.

Première traduction française des Œuvres morales et philosophiques de Plutarque due à Amyot.

Quand les Hommes illustres donnent en exemple les destins exceptionnels, les Œuvres morales s’adressent à l’honnête homme et discutent de tous les sujets auxquels il est confronté dans la vie quotidienne.

Jacques Amyot (1513-1593) sut choisir ses auteurs avec un goût très sûr et l'influence de ses versions fut immense, aussi bien celle de l'Histoire éthiopique sur tout le roman occidental, que celle, plus large encore, de l'œuvre de Plutarque, souvent traduite à l'étranger d'après l'interprétation d’Amyot. En France, Plutarque d’Amyot put servir à tous dans les diverses époques des années 1560‑1620. Cette traduction ne rendit pas seulement Montaigne possible – lui qui souhaitait qu’Amyot fit aussi passer Xénophon en français – et elle ne servit pas uniquement de source abondante, d’inspiration littéraire. Les Vies, que compléta Simon Goulart, fournirent des modèles d’héroïsme et de constance pour les temps troublés des guerres civiles. La paix revenue, les Œuvres morales, ce résumé de la sagesse antique offert à des sensibilités chrétiennes, favorisèrent l’organisation de la vie pratique, de la vie mondaine, préparant ainsi l’honnête homme classique avec ses opinions saines, ses manières polies. Apport inappréciable à l’humanisme à la française, à l’humanisme de tous les temps et de tous les pays.

Exemplaire réglé.

Remarquable et rarissime reliure de l’époque dont le décor est entièrement constitué de sept encadrements de triple filets « en abîme ».

« Au début du XVIIe siècle les reliures à décor ne représentent plus qu’un champ limité d’activité pour quelques relieurs. 
Le décor constitué d’encadrements de filets en abîme se révèle d’une rareté insigne et semble réservé à quelques grands bibliophiles parisiens du règne d’Henri IV. Dans le cadre de production qui a trouvé son équilibre au début du XVIIe siècle, où catégories et types, hors de toute invention réelle, sont bien établis, les relieurs sont libérés de tout recours à des spécialistes de l’ornement. De ce fait, ils bénéficient d’une certaine autonomie dans leur activité, qui se signale par la mise en œuvre de modèles plus que par l’originalité, même pour les renommés d’entre eux comme Nicolas et Clovis Ève, relieur du Roi de 1578 à 1634, ou Macé Ruette. Ils sont avant tout les fournisseurs d’une clientèle qui est motivée moins par un libre engouement que par un sentiment de convenance, voire de convention, de respect des articles d’un code non édicté dont la légitimité prendra au cours du XVIIe siècle une autorité accrue et qui s’impose comme un mode d’identification sociale ».

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