Les Voyages de Cyrus
Le traité d’éducation du despote éclairé – célèbre exemplaire imprimé sur grand papier relié en maroquin de l’époque aux armes du duc du Maine (1670-1736), fils légitimé du roi Louis XIV.
Des bibliothèques du Duc du Maine et de G. Bengesco avec ex-libris.
ln-4, (3 ff.), xvi, 351, 104 pp.
Maroquin bleu, triple filet doré autour des plats, armoiries dorées au centre, dos à nerfs finement orné, filets or sur les coupes, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure armoriée de l’époque.
285 x 225 mm.
Ramsay, Andrew Michael. Les Voyages de Cyrus. Nouvelle édition.
Londres, Jaques Bettenham, 1730.
« Édition très améliorée et par conséquent préférable à la première » (Brunet, IV, 1097).
Précieuse utopie dédiée au duc de Sully qui présente l’éducation du desposte éclairé grâce à des voyages dans différents pays de l’Antiquité (Hartig et Soboul, Pour une Histoire de l'Utopie, p. 43)
Ecossais d’origine, Andrew Michael Ramsay (1686-1743) fut un disciple de Fénelon dont il fut le secrétaire avant d'être celui de Jeanne Guyon, protagoniste du Quiétisme. Il publia son Voyage de Cyrus en 1727 ; il s'agit d'un roman avant tout philosophique, ponctué ça et là de considérations maçonniques, inspiré entre autres des Aventures de Télémaque de Fénelon, dans lequel Cyrus, à la recherche de la vérité, rencontre les grands penseurs de l'Antiquité tels que Zoroastre ou Pythagore. Le texte est suivi, à pagination séparée, du Discours sur la théologie et la mythologie des payens et d'une Lettre de M. Freret à l'auteur Sur la Chronologie de son ouvrage.
L'édition est illustrée en premier tirage d'une belle vignette de titre gravée par Jan Van der Gucht d'après Charles-Antoine Coypel, de 8 lettrines non signées, 5 culs-de-lampe et 10 en-têtes, gravés par Jan Van der Gucht et Claude du Bosc d'après de Gaumons, François Lemoyne et Bartholomew Dandridge.
Précieux et bel exemplaire imprimé sur grand papier (hauteur 286 mm) relié en maroquin bleu de l’époque aux armes du duc du Maine (1670-1736).
Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, fils naturel de Louis XIV et de Madame Montespan, né à Versailles le 31 mars 1670, fut légitimé, avec le titre de duc du Maine le 20 décembre 1673 et, pourvu à 4 ans des charges de colonel général des Suisses et Grisons (ler février 1674) et de capitaine de la compagnie des Suisses (3 février 1674) ; il fut ensuite autorisé à porter le nom de Bourbon (janvier 1680) et fut successivement nommé prince souverain de Dombes (2 février 1681), gouverneur du Languedoc (29 mai 1682), chevalier des ordres du Roi (2 juin 1686), général des galères (15 septembre 1688), mestre de camp de cavalerie (24 octobre 1688), maréchal de camp le 2 avril 1690, lieutenant général le 3 mai 1692, mestre de camp général des carabiniers, comte d'Eu et pair de France le 5 mai 1694, grand maître de l'artillerie le 10 septembre 1694 et duc d'Aumale en juin 1695 ; enfin il fut élevé au rang de prince du sang le 29 juillet 1714. Le testament de Louis XIV qui le faisait commandant des troupes de la maison du roi ayant été cassé par le Parlement (2 septembre 1715), il obtint seulement la surintendance de l'éducation du roi, charge purement honorifique ; à la suite d'intrigues formées en son nom contre le régent, celui-ci le priva du droit de succéder au trône, de la qualité de prince du sang ( 1er juillet 1717) et lui enleva la surintendance de l'éducation du roi (26 août 1718). Le duc du Maine entra alors dans la conspiration de Cellamare, mais il fut arrêté le 29 décembre 1718 et détenu pendant un an. Rendu à la liberté et rétabli dans l'exercice de toutes ses charges, il passa tranquillement le reste de sa vie qu'il consacra aux lettres et à la religion. Il mourut à Sceaux le 14 mai 1736. Ce prince faible subit l'influence de Madame de Maintenon, qui avait été sa gouvernante, puis de l'ambitieuse Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé, qu'il avait épousée le 19 mars 1692 et dont il eut sept enfants, quatre fils et trois filles.
