Œuvres
« Mademoiselle de Launay (1693-1750) est connue comme auteur de Mémoires pleins d’esprit et de finesse » (P. Larousse).
Superbe exemplaire de luxe relié en maroquin de l’époque au chiffre couronné de l’Impératrice Marie-Louise.
2 volumes in-8 ; maroquin rouge, roulette de lauriers dorée en encadrement sur les plats, chiffre couronné au centre, dos lisses ornés en écailles de poisson, tranches dorées, guirlande intérieure, doublures et gardes de tabis bleue. Reliure armoriée de l’époque.
208 x 125 mm.
Staal de Launay, Marguerite Jeanne Cordier, baronne de (1693-1750). Œuvres.
Paris Renouard, 1821.
Première édition citée par Brunet paraissant sous le titre d’œuvres.
Exemplaire de luxe imprimé sur grand papier vélin.
« Jolie édition renfermant, outre les Mémoires de Mme de Staal, deux comédies de cette femme aussi spirituelle que d’un noble caractère, L’Engouement et La Mode, ses lettres au chevalier de Mesnil, au marquis de Silly, à M. d’Héricourt et à Mme du Deffand, et 53 lettres de l’abbé de Chaulieu qui, bien qu’octogénaire, goutteux et presque aveugle, passa longtemps pour avoir été son amant à cette époque » (Catalogue Edouard Rahir, VI, 2078).
« La baronne De Staal de Launay est connue comme auteur de Mémoires pleins d’esprit et de finesse »
(P. Larousse).
Elle entra au service de la duchesse du Maine, en qualité de femme de chambre ; c’était vers l’automne de l’année 1711. Elle avait donc environ dix-huit ans.
Mais avant d’aller plus avant, donnons le portrait de celle qui vient d’entrer par l’escalier de service dans cette petite cour de Sceaux et qui en sortira par l’escalier d’honneur. Ce portrait, c’est elle-même qui l’a tracé avec une franchise de pinceau à laquelle nous ont peu habitués les femmes écrivains : « Launay, dit notre héroïne, est de moyenne taille, maigre, sèche et désagréable. Son caractère et son esprit sont comme sa figure ; il n’y a rien de travers, mais aucun agrément. Sa mauvaise fortune a beaucoup contribué à la faire valoir. La prévention où l’on est que les gens dépourvus de naissance et de bien ont manqué d’éducation fait qu’on leur sait gré du peu qu’ils valent. Elle en a pourtant eu une excellente, et c’est d’où elle a tiré tout ce qu’elle peut avoir de bon, comme des principes de vertu, les sentiments nobles et les règles de conduite, que l’habitude à les suivre lui a rendus comme naturels. Sa folie a toujours été de vouloir être raisonnable, et, comme les femmes qui se sentent serrées dans leur corps s’imaginent être de belle taille, sa raison l’ayant incommodée, elle a cru en avoir beaucoup. Cependant elle n’a jamais pu surmonter la vivacité de son humeur, ni l’assujettir du moins à quelque apparence d’égalité ; ce qui souvent l’a rendue désagréable à ses maîtres, à charge dans la société et tout à fait insupportable aux gens qui ont dépendu d’elle. Elle a beaucoup lu et ne sait pourtant que ce qu’il faut pour entendre ce qu’on dit sur quelque matière que ce soit et rien de mal à propos. Elle a recherché avec soin la connaissance de ses devoirs et les a respectés aux dépens de ses goûts. L’amour de la liberté est sa passion dominante, passion très malheureuse en elle qui a passé la plus grande partie de sa vie dans la servitude. Aussi son état lui a‑t‑il toujours été insupportable, malgré les agréments inespérés qu’elle a pu y trouver. Elle a toujours été fort sensible à l’amitié, cependant plus touchée du mérite et de la vertu de ses amis que de leurs sentiments pour elle ; indulgente quand ils ne font que lui manquer, pourvu qu’ils ne se manquent pas à eux-mêmes ».
On sait quelle vie on vivait à Sceaux, dans ce petit royaume, dans ce Versailles de la femme du bâtard préféré de Louis XIV.
Superbe et précieux exemplaire, imprimé sur grand papier vélin, relié pour l’Impératrice Marie-Louise avec son chiffre couronné au centre des plats, provenant de la bibliothèque qu’elle avait constituée à Parme après l’abdication de l’empereur. (O. Hermal, pl. 2654).
Fille aînée de François I", empereur d'Autriche, et de Marie-Thérèse-Caroline-Joséphine de Bourbon, fille du roi des Deux-Siciles, Marie-Louise naquit à Vienne le 12 décembre 1791 et fut élevée dans la haine de la France et de Napoléon Ier en particulier. Demandée en mariage par ce dernier par raison d'Etat, elle l'épousa par procuration le 11 mars 1810 et le 2 avril suivant à Notre-Dame de Paris. Lors de l'abdication de Napoléon en avril 1814, elle reçut en toute souveraineté les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla en conservant son titre de Majesté impériale. Elle mourut à Vienne le 18 décembre 1847.
Seuls les exemplaires de luxe furent reliés en plein maroquin.
