I quattro libri di Vegetio Renato
Un chef-d’œuvre relié en 1544 pour Giovanni Battista Grimaldi.
Provenances : 1/ Govanni Batista Grimaldi (1524-1612) ; 2/ Edoardo Moretta Genoa 1908 ; 3/ Edouard Rahir, mai 1930, lot 240 ; 4/ Docteur Lucien Graux (1878-1944) vente 1957 ; 5/ Maurice Loncle ; 6/ H. P. Kraus, ; New York, sold in 1961. Otto Schäffer (1912-2000) ; 7/ Kimbal Brooker.
Un joyau littéraire et artistique – Vegetius Renatus – Venice, 1544 – revêtu d'une célèbre et rarissime reliure en maroquin décoré de l’époque pour Jean Baptiste Grimaldi, prince de Monaco.
Reliure à l’emblème et à la devise de Giovanni Battista Grimaldi, prince de Monaco, héritier d’une famille de financiers génois dont l’oncle avait été l’un des banquiers de Charles-Quint. Son emblème en forme de camée sur les plats figurant Apollon sur son char gravissant le Parnasse est accompagné de sa devise grecque : ΟΡΘΩΣ ΚΑΙ ΜΗΛΟΞΙΩΣ (tout droit et sans détour). Les lettres de Grimaldi montrent l’attention qu’il a portée à la formation de sa bibliothèque ; les livres en langues mortes, étaient reliés en maroquin brun, ceux en langues vivantes en maroquin rouge.
Vegetus Renatus, Flavius. I quattro libri di Vegetio Renato della medicina de cavalli et altri giumenti overo dell’arte di maniscalchi, tradotti della latina nella lingua volgare (Venice : Michele Tramezzino, 1544).
A volume from the celebrated library of the Genoese banker Giovanni Battista Grimaldi (ca 1524-ca 1612), with his distinctive Apollo and Pegasus medallion on the covers. His library was substantial; Anthony Hobson, who discovered the name of the collector in his monograph Apollo and Pegasus: an inquiry into the formation and dispersal of a Renaissance library (Amsterdam, 1975), identified 169 surviving volumes. The collection seems to have been created in a short space of time ; while Grimaldi lived into the seventeenth century, these Apollo and Pegasus bindings all date from the later 1540s, and the latest known volume has an imprint of 1548. Surviving letters between Grimaldi and the humanist scholar Claudio Tolomei (1492-1556) in Rome document the commissioning of the library, and it is most likely Tolomei who devised the Apollo and Pegasus impresa and motto to be used on the bindings, in imitation of the books bound for Apollonio Filareto. A letter from Tolomei also describes the collection as "una libraria finita", a complete library in itself, needing no further acquisitions.
All Grimaldi's surviving books have the title lettered on the covers, and the colour of the binding reflected the contents, with modern books in Italian and Spanish bound in red, as here, and Latin works in a darker colour. There were two versions of the Apollo and Pegasus stamp, the vertical version used for folio books and the horizontal one, as here, used for smaller format books, which form the bulk of the collection. More than half of these books were bound by Marcantonio Guillery, a binder and bookseller in Rome, who also sourced many of the books ; other volumes were bound in Rome by Niccolò Franzese or Maestro Luigi.
The Grimaldi library was dispersed between two branches of the family, one in Naples and one in Genoa, and books from the latter started to appear in other collections during the seventeenth century. The Genoese part remained in the family for longer, probably until the early nineteenth century. Their significance resulted in fake Apollo and Pegasus bindings appearing in the late nineteenth century.
Les reliures Grimaldi, prince de Monaco, de la première moitié du XVIe siècle :
Le présent volume fut revêtu vers l’année 1544 de l’une des célèbres reliures romaines de la Renaissance ornée de la plaque emblématique d’Apollo et Pegasus réalisée pour Giovanni Battista Grimaldi, prince de Monaco, selon A.R.A Hobson.
Ces reliures dont il ne subsiste que 141 spéciments, infiniment plus rares que celles de Grolier, furent longtemps attribuées à Canevarius. Le Baron Double n'écrivait-il pas en 1890, dans son « Cabinet d'un Curieux » à propos de l’une d’elles (n° 55) : « Il n’y a qu’une trentaine d’années qu’on a pu rendre à Canevarius ces reliures, longtemps restées sans provenance connue, et attribuées ensuite, pendant quelque temps, à un bibliophile de fantaisie, Mécenate, un joli nom du reste ». Puis, en 1921, G.D. Hobson dénonça le grand mythe de Canevarius et proposa Piu Luigi Farnèse, fils naturel d’Alexandre Farnese, devenu le pape Paul III.
C'est grâce aux inscriptions manuscrites et signées des inquisiteurs de Gênes sur l'une des premières pages du dictionnaire de Robert Estienne de la collection R. Esmerian que le mystère Canevarius fut enfin éclairci par Anthony Hobson qui dévoila le nom du grand amateur génois de la Renaissance : G. B. Grimaldi. Celui-ci, tout comme Grolier, fit travailler plusieurs relieurs célèbres ; la présente reliure, citée par A. Hobson, est attribuée au Maestro Marcantonio Guillery.
La découverte de la rare et célèbre provenance Grimaldi remonte donc au 6 juin 1972, date de la vente R. Esmerian, ou sous le n° 42, le dictionnaire de Robert Estienne, revêtu de ce type de reliure, nous lisons :
« Cet exemplaire se présente sans page de titre pour chacun des trois tomes ; elles ont été coupées par les inquisiteurs avec les deux feuillets suivants ; sur le troisième feuillet préliminaire ils ont écrit leur sentence de condamnation que nous donnons ci-dessous :
Robertus Stephanus Auctor huius Thesauri est Auctor damnatus, opus tum hoc est permissum. Panormi 1633. Prater decius Carreza Ordinis preadicatorum.
Conceditur huius Thesauri sive Dictionarii in tribus voluminibus lectio illustrisimi Viro Domino Johanni Baptistae Grimaldo, Genuensi et eius filiis, hac tamen lege ut nomina deleantur authorum qui in indice librorum prohibitorum damnati sunt et quicquid ex eis mutuo desumptum fuit, si tamen de religione vel moribus tractat. Die xi Maii 1554. Frater Hieronymus Corrigiensis Genuae Inquisitor. Manu propria.
Frater Hieronymus, ordinis predicatorum Inquisitor Genuensis, Dictionarium seu liguae latinae Commentarium vel Thesaurum, una cum duobus aliis tomis sub huius formosa ligatura juxta Decretum ex Instructione Sanctae Romanae et Universalis Inquisitionis atque facultatem Reverendissimi et Illustrissimi Domini Domini Cardinalis Alexandrini ad Lecturam admittit. Genuae, die xxviii Septembris 1559.
En écrivant ici cette condamnation de l'œuvre de Robert Estienne ces inquisiteurs ne pensaient pas qu'ils nous livraient implicitement le nom du bibliophile mystérieux dont le baron Double disait en 1890 dans son dernier catalogue : « II n'y a qu'une trentaine d'années qu'on a pu restituer à Canevarius ces reliures longtemps restées sans provenance connue et attribuées ensuite pendant quelque temps à un bibliophile de fantaisie Mecenate, un joli nom du reste... » Il est révélé enfin par cet exemplaire que l’authentique provenance est Jean-Baptiste Grimaldi, Prince de Monaco. Ainsi après que G .D. Hobson ait dénoncé « le grand mythe de Canevarius », puis proposé Pier Luigi Farnèse (1921), Antony Hobson son fils a trouvé dans cet exemplaire la réponse définitive : Jean-Baptiste Grimaldi, prince de Monaco. »
(cf. A. Hobson, Apollo and Pegasius, 1975, n° 86). T. De Marinis, La legatura artistica in Italia nei secoli XV e XVI, t. III, n° 727. Le présent exemplaire, est complet.
First edition in italian of Vegetius's treatise on horse medicine and husbandry ; the first Latin edition was printed in Basel in 1528. Vegetius owned and bred horses himself and wrote his treatise for the wealthy horse owner.
8vo (153 x 102 mm). Italie type, 28 lines plus headline. collation: Aaa Bb4 A-R8: 148 leaves. Woodcut printer's device on title-page, woodcut diagram on L6r. (Small tear at foot of l7.)
binding : Contemporary Roman red morocco gilt (158 x 113 mm), by Marcantonio Guillery for Giovanni Battista Grimaldi, central Apollo and Pegasus medaillon stamped horizontally with traces of green and gold paint, surrounded by gilt lettering ΟΡΘΩΣ ΚΑΙ ΜΗΛΟΞΙΩΣ, lettered at head of each cover VEGETIO RENATO, outer frame of blind and gilt fillets with leafy decoration, spine with gilt fillets across bands, gilt edges. In modern perspex slipcase.
Rareté et valeur des reliures Renaissance Grimaldi, prince de Monaco :
Ces reliures appartiennent au groupe le plus restreint des prestigieuses productions de la Renaissance au nombre de 141 ; elles sont à ce titre infiniment plus rares que les reliures exécutées pour Jean Grolier.
La librairie Sourget ornait sa couverture de catalogue de l’une d’entre elles en 1988, il y a 37 ans. Recouvrant un texte de Thucydide, elle fut alors longuement décrite, cataloguée et vendue aisément au prix de 750 000 FF (soit 115 000 €). Référence : Manuscrits et Livres précieux du treizième siècle à nos jours, n° 37.
Le 13 mai 1985, il y a 40 ans, maître Tajan organisait une vente prestigieuse à Monaco. Sous le n° 186 était reproduite une reliure Grimaldi, tachée, recouvrant un texte mineur de Tirante Il Bianco : « Valorosissime Cavaliere ». Elle fut adjugée au libraire londonien Maggs pour 1 332 000 FF (204 000 €), plus haute enchère de cette fameuse collection.
L’une des plus belles reliures Grimaldi parvenue jusqu’à nous.
Provenance : Giovanni Battista Grimaldi (ca 1524-ca 1612), impresa on binding— Edoardo Moretta (died 1901), of Genoa, listed in his library catalogue of 1902 — Edouard Rahir, red gilt booklabel. Sale, Henri Baudoin & Fernand Lair-Dubreuil, Paris, 7-9 May 1930, lot 240 — Lucien Graux (1878-1944), red gilt booklabel, sale, Maurice Rheims and Jacqueline Vidal-Mégret, Paris, 26 January 1957, lot 124 — [Maurice Loncle, according to von Arnim] — H.P. Kraus, New York, sold in 1961 to — Otto Schäfer (1912-2000), his OS stamp at end, sale of books from the Otto-Schäfer-Stiftung, Schweinfurt, Sotheby's, New York, 8 December 1994, lot 191, Kimbal Brooker.



