Discours de la mumie
Édition originale d'Ambroise Paré imprimée à Paris en 1582.
Exemplaire, non lavé, orné de 12 gravures sur bois.
In-4 de (16) ff., 75 ff,
Daim fauve, double encadrement de deux filets, dos à nerfs, étiquette au dos, reliure moderne à l’imitation des reliures du XVIe siècle ; angle supérieur de quelques feuillets restaurés et marge latérale du feuillet final découpé sans atteinte au texte, mouillures marginales.
224 x 165 mm.
Paré, Ambroise. Discours d’Ambroise Paré, conseiller, et premier chirurgien du roy. Asçasoir, de la mumie, de la licorne, des venins, et de la peste.
Paris, Gabriel Buon, 1582.
Rare édition originale d’Ambroise Paré et le dernier de ses livres importants, relié sans le portrait de l’auteur.
Adams, P-316 ; Brun, p.267 ; Brunet, IV, 366 ; J. Doe, n° 24 ; Tchemerzine V, 39.
Elle est ornée de 12 gravures sur bois en premier tirage dont six à pleine page représentant licornes, rhinocéros, éléphants et autres animaux fabuleux.
Very rare first edition of Paré’s tract against ancient medicine, denouncing empirical practices and illustrated with 12 beautiful woodcuts.
Paré was among the first to oppose the medical use of “mummia” or “mummy” (a substance used in the embalming of mummies). In this book, he explains how the Chevalier Des Ursins, a French nobleman who had been injured, had been treated by many doctors and surgeons including himself.
During his convalescence, Des Ursins inquired why he had not been given mummy to drink, to which Paré replied that it would have done more harm than good, as would have unicorn’s horn. Paré wrote this book to explain his reasons for not giving it and he supports his arguments by many experiments on living and inanimate objects.
Ce recueil marque la fin du mythe de la licorne, qui perdurait depuis le début du Moyen-Age.
Suivant sa méthode empirique, et après le travail de ses devanciers Bacci et Marini, Ambroise Paré veut s'adresser à un public large : son œuvre de divulgation scientifique connaîtra en effet un retentissement profond et durable.
Paré explique que la licorne n'est autre chose qu'un monstre marin, ce que confirmera plus tard Olaus Worms. Il s'oppose fermement à l'usage de l'eau de corne de licorne comme antidote aux venins et à la peste.
Dans le traité sur les venins et dans celui de la momie, Paré montre comment, après une longue expérience pleine de bons sens, il faut bannir à jamais les eaux faites à base de poudre de momie pour guérir les malades.
Ce recueil se range ainsi parmi les traités avant-coureurs de la médecine moderne.
Le traité sur la peste occupe les 32 dernières pages.
Ambroise Paré (1509-1590) a la chance de guérir le duc François de Guise, devant Boulogne en 1545. Ce sont les grands qu'il soigne désormais, le duc de Rohan, le roi de Navarre, Henri II enfin, dont il est fait chirurgien ordinaire.
« Il savait payer de sa personne ; on le vit au siège de Metz lorsqu'il réussit au péril de sa vie à pénétrer dans la place pour y apporter ses soins à la garnison investie. Reçu chirurgien de robe longue, Paré fit encore plusieurs campagnes, assista Henri II mourant et fut chirurgien ordinaire de François II et de Charles IX. Fait premier chirurgien de ce dernier, il fut tenu par lui en haute estime s'il faut en croire l'anecdote qui veut que ce roi l'ait caché dans sa propre garde-robe lors de la Saint-Barthélemy, ce qui confirmerait l'opinion habituellement reçue mais non définitivement prouvée que Paré avait rallié la Réforme. Comme il ne savait pas le latin, Paré écrit en français et se donne ainsi, sans l'avoir voulu, le mérite d'être un des initiateurs de la prose scientifique française » (Jacques Brosse).
Exemplaire non lavé, à belles marges.





