Syntagma Arateorum
Le premier catalogue d'étoiles d'Eudoxe de Cnide, astronome grec du IVe siècle avant Jésus-Christ.
Précieuse édition originale imprimée à Leyde en 1600 reliée en maroquin citron de l’époque aux armes de Jacques-Auguste de Thou et Gasparde de la Chastre.
In-4 de (6) ff., 42 pp., (1) f. bl., 36 pp., 1 plche dépliante, 95 pp., 43 plches, 24 pp., 128 pp.
Texte en grec et latin, avec quelques impressions en arabe et en hébreu. Marque d’imprimeur sur bois sur titre, une planche dépliante et 43 gravures en texte des constellations de Jacob de Gheyn, restauration marginale à 3 ff. de notes, déchirure marginale à 1 f.
Maroquin citron doré contemporain pour Jacques-Auguste de Thou et sa seconde femme, Gasparde de La Chastre (Olivier 216, fer 8), dos à sept caissons à six nerfs, leur monogramme compartimenté. Reliure de l’époque.
Provenance : Jacques-Auguste de Thou (1553-1617) (reliure, cotes manuscrites sur les contreplats et la couverture) ; Richard Heber.
244 x 162 mm.
Eudoxe de Cnide (400 – 355 av. J.-C.). Grotius, Hugo, éditeur (1583-1645). Aratus de Solis (vers 315-240 avant J.-C). Syntagma Arateorum : Opus Poeticase et Astronomiae studiosis utilissimum : Quo quae contineantur versa pagella indicabit.
Leyde, Christopher Raphelengius pour Plantin. 1600.
Une planche double et 44 gravures de Jacob de Gheyn illustrant les constellations.
Première édition par le jeune Hugo de Groot (1583-1645), surnommé par Henri IV le « miracle de la Hollande » en raison de sa précocité, des Aratea, "The first star catalogue", le premier catalogue d'étoiles d'Eudoxe de Cnide, astronome grec du IVe siècle avant Jésus-Christ. Le texte, perdu, a survécu grâce à l'adaptation qu'en fit le poète alexandrin Aratus de Soles dans son poème didactique Phaenomena.
Les extraordinaires figures sur cuivre de Jacob de Gheyn, "perhaps the finest illustrations of the individual Hyginus constellations" (Warner), sont directement inspirées des enluminures du célèbre manuscrit carolingien des Aratea de Leyde, composé vers 825 probablement pour Louis le Pieux, alors en la possession de Grotius. Le manuscrit passera ensuite à Christine de Suède, puis à Vossius.
« L’exemplaire De Thou de la première édition de la rédaction par Grotius des Phénomènes ("astronomie") d'Aratus, le célèbre poème didactique du IIIème siècle av. J.-C. qui décrit les positions relatives des principales étoiles et constellations. Il est ici imprimé avec des traductions latines de parties du poème par Cicéron, Germanicus et Avienus, et comprend l'appareil critique élaboré de Grotius. Les planches de Jacob de Gheyn comptent parmi les plus belles gravures de symboles célestes jamais publiées. Elles ont été publiées séparément en 1621. Adams A-1519 - Lalande p.135. »
Né à Cnide en Asie mineure vers 390 av. J.-C., Eudoxe fut célèbre pendant toute l’Antiquité comme autorité scientifique et passeur de savoirs. En mathématiques, il proposa notamment la première théorie unifiée des proportions. En astronomie, il conçut le premier modèle géométrique permettant de rendre compte des mouvements planétaires au moyen de sphères concentriques.
Eudoxe est sans doute le plus grand savant du IVe siècle avant notre ère, et l'un des mieux connus, bien qu'il ne reste de son œuvre que des fragments, la plupart du temps retrouvés à travers des commentateurs. Ses traités de mathématiques ont profondément influencé les Éléments d'Euclide, tandis que sa théorie des rapports et sa méthode d'exhaustion, perfectionnées par Archimède, le placent parmi les précurseurs du calcul intégral.
Il rapporte d'Égypte des connaissances d'astronomie grâce auxquelles il propose une réforme du calendrier grec qui rencontre une grande faveur. Après un séjour près de Mausole à Halicarnasse, il se rend à Cyzique où il s'établit comme sophiste. Il s'installe ensuite à Athènes, suivi de disciples dont la plupart sont des géomètres (Menechme, Dinostrate, Athénée de Cyzique), et rivalise quelque temps avec Platon. D'après Aristote, il aurait professé l’hédonisnie en morale et l'immanence des idées en métaphysique. Il retourne à Cnide, où il est reçu avec honneur. Il donne des lois à ses concitoyens.
Il ne reste guère que des fragments de l'œuvre d'un des savants les plus universels de son temps et qui a joué le plus grand rôle dans le développement des mathématiques à cette époque. On cite l'Octaétéride, où il exposait sa réforme du calendrier, mais dont le texte original a dû disparaître assez vite. Le Miroir et les Phénomènes sont deux éditions d'un ouvrage qui a servi de base aux descriptions du ciel d'Aratus.
Jacques-Auguste de Thou, fils de Christophe, premier président au Parlement de Paris, et de Jacqueline Tulleu de Céli, naquit à Paris le 8 octobre 1553 ; il devint d'abord chanoine de Notre-Dame de Paris et fut employé à diverses missions diplomatiques ; la mort de son père l'ayant déterminé en 1583 à quitter l'état ecclésiastique, il entra dans la magistrature et fut nommé maître des requêtes de l'hôtel le 10 avril 1584, conseiller d'État le 26 août 1588, grand maître de la librairie du Roi le 6 février 1593 et président à mortier au Parlement de Paris en 1595 ; l'œuvre principale de sa carrière politique fut la négociation de l'Édit de Nantes. De Thou qui avait été appelé en 1610 à faire partie du conseil des finances, mourut à Paris le 7 mai 1617. Il avait épousé en premières noces, en 1587, Marie de Barbançon de Cany, décédée en 1601, et en secondes noces, en 1602, Gasparde de La Chastre.
Magistrat, homme politique et diplomate, de Thou fut aussi un historien consciencieux et réputé ; il rédigea en latin l’ « Histoire de son temps » et écrivit ses « Mémoires ».
En dehors de tous ces titres de gloire, le président de Thou tient une place éminente dans l'histoire de la bibliophilie et se classe parmi les plus célèbres amateurs ; il avait réuni la plus belle collection de livres de son époque, plus remarquable par le choix des ouvrages que par leur nombre (environ mille manuscrits et huit mille volumes imprimés) ; il faisait tirer sur un papier spécialement fabriqué pour lui deux ou trois exemplaires de tous les bons livres qui paraissaient tant en France qu'à l'étranger. Ses volumes reliés en maroquin plein par Le Gascon, quelquefois en veau ou en vélin blanc, étaient ornés de ses armes et de son chiffre, lesquels ont varié au cours de son existence, jusqu'à son mariage (1587), de Thou fit frapper ses armes simples et un chiffre formé des lettres I A D T (Jacques-Auguste de Thou); de 1587 à 1602, ses armes sont accolées à celles de sa première femme, Marie Barbançon, et son chiffre composé des lettres I A M (Jacques-Auguste-Marie) ; enfin, après 1602, il fait accompagner ses armes de celles de sa seconde femme, Gasparde de La Chastre, et se fait composer un chiffre avec les initiales I A G G (Jacques-Auguste-Gasparde).
A l’exception d’une partie des manuscrits qui entrèrent à la Bibliothèque du Roi, sa collection passa à Charron de Ménars en 1680, puis au cardinal de Rohan en 1706 et enfin au neveu de ce dernier, le prince de Soubise, dont l’immense bibliothèque fut dispersée en 1788.













