Alphabet-Flore

Redouté, Pierre-Joseph
Paris, Chavant, [1835].

La plus rare édition originale de Redouté illustré de 192 fleurs coloriées à l’époque.

Un seul exemplaire en bibliothèque publique, celui de la BNF, qui est en noir.

« Le langage des fleurs : un livre romantique. À la différence des Liliacées ou de son chef-d’œuvre Les Roses à vocation scientifique et documentaire, l’Alphabet-Flore est plus galant, comme si, en fin de carrière, le "Raphaël des fleurs" s’était détendu en créant un ouvrage plus artistique. »

Grand in-8. Demi-basane, plats de percaline prune façon cuir de Russie, titre doré en long sur le dos, qq. rousseurs non dérangeantes. Reliure de l'époque.

260 x 168 mm.

Redouté, Pierre-Joseph (1759-1840). Alphabet-flore renfermant 192 dessins, composé des plus belles fleurs croissant dans toutes les parties du monde... Ouvrage utile aux Dessinateurs de Fleurs, aux Manufacturiers d'Etoffes faconnées, aux Collèges et aux Chefs d'institution.
Paris, Chavant, [1835].

Édition originale d’une insigne rareté ornée de 192 fleurs de Redouté.

Très rare recueil de 24 planches lithographiées par Jean François Benard, pour l'éditeur Chavant. Chaque planche, sur double page, présente 8 fleurs par lettre (sauf le J et le W), soit au total 192 fleurs, avec leur nom et leur symbolique.

L'exemplaire a été colorié à l'époque.

Le recueil se vendait entier, en noir ou colorié comme ici, mais les planches étaient également disponibles à l'unité.

Un seul exemplaire en bibliothèque publique, celui de la BNF, qui est en noir. Cet ouvrage d’une insigne rareté présente pour chaque lettre de l’alphabet, sauf J. et W. huit fleurs différentes dont les noms commencent par cette lettre, avec l’indication de leurs noms et allégories. Les planches se vendaient à l'unité, en couleur ou en noir, ou encore l'ouvrage en entier. Pierre-Joseph Redouté, peintre célèbre surnommé par ses contemporains « le Raphaël des fleurs », est né à Saint-Hubert, près de Liège, le 10 juillet 1759. D'une famille de peintres, il reçut tout jeune une éducation qui favorisa son talent, mais il fut poussé par elle à peindre des fresques et des tableaux de piété. Au cours d'un voyage en Hollande et en Belgique, il connut les productions des peintres de fleurs Rachel Ruysch et Jan Van Huysum et sentit s'éveiller là sa vocation. Il développa celle-ci, fut remarqué par le hollandais Gérard Van Spaendonck, professeur d'iconographie végétale au « Jardin du Roi », qui lui confia des travaux, notamment l'exécution de plantes pour la Collection des vélins. Il devint ensuite peintre de végétaux du Jardin du Roi où il fit la connaissance de L'Héritier de Brutelle, riche botaniste amateur, qui lui offrit sa protection et développa chez lui l'aspect scientifique des peintures de fleurs. En 1787 il se rendit à Londres où il découvrit la technique de l'impression en couleurs par une seule plaque tandis qu'en France était utilisée l'impression polychrome par passage de 3 ou 4 plaques. En 1788 il devint dessinateur du cabinet de Marie-Antoinette et son professeur particulier. Il s'initia à cette époque à la gravure et notamment à la gravure au pointillé. Il fut remarqué en 1798 par Joséphine de Beauharnais qui se l'attacha et lui demanda de reproduire le Jardin botanique de la Malmaison. Il fut ensuite nommé

Dessinateur de l'Académie des Sciences, Dessinateur de l'Institut, et enfin par Louis XVIII Professeur d'iconographie végétale au « Jardin du Roi » et il enseigna la peinture à Marie-Amélie, femme de Louis‑Philippe et à Marie Caroline duchesse de Berry. Il fut le peintre et le poète de la flore universelle et il avait cette rare qualité de joindre à la magie de la couleur et du dessin, un savoir « de naturaliste aussi étendu que celui de Linné. Il mourut en 1840 d'une congestion cérébrale, alors qu'il donnait son cours au « Jardin des Plantes ». On doit à Redouté un grand nombre d'ouvrages, dont les célèbres Roses, qui furent publiées à partir de 1816.

Le langage des fleurs : un livre romantique. À la différence des Liliacées (1802-1813) ou de son chef-d'œuvre Les Roses (1817-1824) à vocation scientifique et documentaire, l'Alphabet-Flore est plus galant, comme si, en fin de carrière, le "Raphaël des fleurs" s'était détendu en créant un ouvrage plus artistique.

Cette flore de Redouté, réalisée dans la veine du Langage des fleurs d'Aimé Martin (1819), analyse la symbolique des fleurs. Ainsi, si vous vous hasardez à offrir des campanules, vous exprimerez la flatterie ; un bouquet de delphiniums dira : "Vous vous faites attendre", tandis que le gypsophile confiera : "Vous êtes ma divinité".

Ce ravissant ouvrage, de toute rareté, manque à toutes les bibliographies spécialisées consultées.

Il est bien complet des 24 planches doubles lithographiées d'origine et des 192 fleurs et magnifiquement coloriées à la main.

Vendu