Abbrégé de l'art des accouchemens
« Cette édition de 1769 est beaucoup plus rare et d’un prix supérieur à celle de 1777 citée par Lehec » (Université de Poitiers).
« Une nouvelle édition paraît en 1769 enrichie de planches en couleur. Les planches gravées en couleur, ce qui était très rare à l’époque dans les manuels de médecine ou d’anatomie, confèrent un caractère précieux à ce livre ».
« Le présent exemplaire parait être celui de dédicace et est dédié à M. Bernard de Balinvilliers, intendant d’Auvergne » (A. Dinoux, 1858).
Précieux et bel exemplaire cité par Olivier (Pl. 244) relié en maroquin d’époque à dentelle aux armes du Marquis de la Corée (1720-1784).
In-8 de X pp. ; 189 pp. ; 1 f. ; 26 planches coloriées ; 1 portrait.
Maroquin rouge, dentelle dorée aux papillons encadrant les plats, armoiries dorées au centre, dos lisse orné, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure en maroquin armorié de l’époque.
197 x 125 mm.
Le Boursier du Coudray, Angélique Marguerite. Abbrégé de l'art des accouchemens, Dans lequel on donne les préceptes nécessaires pour le mettre heureusement en pratique. On y a joint plusieurs Observations intéressantes sur des cas singuliers.
Saintes, Pierre Toussaints, 1769.
Première édition illustrée de cette instruction, parue originellement en 1759, par l'une des plus célèbres obstétriciennes du règne de Louis XV, « pensionnée et envoyée par le Roy, pour enseigner a pratiquer l'art des Accouchements dans tout le Royaume ».
Elle comprend 26 eaux-fortes imprimées en couleur selon le procédé trichromique de Le Blon, par Jean Robert, son élève de 1738 à 1741, gravées d’après les dessins de P. Chaparre.
En frontispice, portrait en noir d’Angélique du Coudray, également gravé par Robert.
Madame Du Coudray (Clermont-Ferrand, 1712 ; Bordeaux, 1790) reçoit un brevet royal en 1759 pour enseigner l'obstétrique dans tout le royaume de France, elle forma environ 5 000 sage-femmes pendant 25 ans. Afin de compléter son enseignement, elle publie un "Abrégé de l'art des accouchements" destiné aux futures sage-femmes. Une nouvelle édition paraît en 1769 enrichie de planches en couleur. Les planches gravées en couleur, ce qui était très rare à l'époque dans les manuels de médecine ou d'anatomie, confèrent un caractère précieux à ce livre. Ces illustrations devaient servir d'aide-mémoire aux sage-femmes, qui ne savaient d'ailleurs pas toutes lire, car elles reprennent l'ordre des leçons de Mme Du Coudray. La sage-femme explique dans l'avant- propos du livre l'utilité de ces planches qu'elle a souhaité en couleur : « (?) j'ajoute à ma seconde édition, des planches qui puissent rappeler à mes élèves mes mêmes démonstrations ; et pour pouvoir leur rendre encore plus sensible, je les ai fait enluminer, pour que les différentes couleurs donnassent plus de clarté dans les objets ».
La première édition du texte fut publiée en 1759 et la première avec les gravures en couleurs en 1769. Cet ouvrage connut un énorme succès de librairie et fut très souvent réimprimé par ordre du roi qui visait alors, une politique nataliste : son but étant, certes, de protéger les mères en difficulté au moment de leur accouchement, mais surtout de permettre le repeuplement du royaume. À cet effet, il délégua Madame Du Coudray dans tout le royaume pour mettre en place des cours destinés aux élèves sage-femmes de la campagne et à toutes les personnes qui voulaient s'occuper de cet art. Elle inventa pour ce faire une machine, "une femme artificielle" qui lui permettait de démontrer la pratique de l'accouchement et de prévenir les accidents. Pour compléter son cours, l'ouvrage de Marguerite Du Coudray fut imprimé dans différentes villes de province et distribué ou vendu aux élèves. Ouvrage orné d'un portrait de la célèbre sage-femme en frontispice et accompagné de vingt-six planches en taille-douce gravées en couleurs par Jean Robert d'après Chapparre. La première planche est en deux couleurs (jaune et noir), la deuxième en quatre couleurs (jaune, noir, rouge et bleu, le bleu de cette figure a été peint à la main) ; les autres planches sont en trois couleurs (jaune, noir et rouge). Élève de Le Blon, Jean Robert fut l'un des premiers, à la suite de son maître, à tenter de mettre au point un procédé d'impression en trichromie, grâce au procédé de recomposition des couleurs inspiré par la théorie de Newton.
Un feuillet final concernant M. de Lacoré, intendant de France Comté est ajouté en fin de volume.
Fort bel exemplaire relié en maroquin aux armes du marquis de la Corée.
Charles-André, marquis de la Corée, seigneur de Saint-Ouen, fils de Charles-Etienne et de Jeanne-Thérèse Bonneau, né à Paris le 24 août 1720, fut nommé conseiller au Parlement de Paris en 1741, maître des requêtes le 18 juillet 1749, président au Grand Conseil le 9 avril 1756, intendant de Montauban en décembre 1758, puis de Franche-Comté en mai 1761 et enfin conseiller d'État en mai 1784 ; il mourut à Saint-Ouen-1'Aumône le 2 novembre 1784.









